lundi 8 février 2016

À contre voix

Je ne suis pas fan (et je ne l'ai jamais été) de chant lyrique et l’opéra m’ennuie profondément. Mais j'ai une copine lyriqueuse et quand elle fait des spectacles ben je vais la voir. C'est comme ça que je me suis retrouvée à assister à une représentation de À contre voix, une pièce de théâtre lyrique pour deux actrices-chanteuses. Et donc, même si vous êtes comme moi, je vous le conseille.
On y suit la rencontre de Marguerite et de Rose, la première, jeune fille de bourgeois qui a le talent et l'envie de faire du chant sa vie, la seconde femme mure qui a choisi il y à longtemps de conserver et le chant et "la vie normale" et de tout mener de front.
Leurs rencontres dans les coulisses, dans le climat d'urgence de l'entre-deux guerre tissent leurs histoires passées et à venir qui s’emmêlent et se dénouent. Ça parle vie de femme, liberté des corps et des choix, investissement et passion, névroses familiales. C'est dur et on n'en ressort pas indemne, les parties chantées, brillamment interprétées se font à la fois échos des sentiments et baumes des plaies ouvertes, offrant à voir les raisons pour lesquelles la musique est si nécessaire aux hommes. À titre personnel, cela m'a clairement remué pas mal de choses car j'ai trouvé là des résonances fortes avec mes propres névroses. À tel point que je pense que si je l'avais vu il y a un an, j'aurai pris une grosse claque et j'aurai déprimé pendant des jours. Heureusement pour moi depuis cette période j'ai appris à faire des choix, même s'ils n'ont pas été facile et choisir les Conteuses dans un vrai objectif sinon pro, au moins semi-pro, ma sauvé je pense d'une réaction trop violente. Néanmoins, si j'ai choisi de me concentrer sur un projet musical et de le mener le plus loin possible, il reste que je suis comme Rose, je n'ai pas choisi de faire du chant ma vie, et je pense que je ne pourrais jamais m’empêcher, en me regardant dans la glace le matin, de me demander si j'ai vraiment fait ce choix pour les raisons que je me suis donnés à moi-même (la principale étant la peur de perdre le plaisir de la musique), ou si c’était de la lâcheté pure et simple face aux difficultés évidentes de tenter sa chance dans le milieu professionnel musical.
Où comment assister à une pièce intense centrée sur les névroses de ses personnages peut réveiller les votre sans prévenir. Donc vous êtes prévenus, À contre voix, c'est bien, c'est fort et je vous le conseille mais, je ne peux pas vous promettre que vous en sortirez indemne (même si vous n’êtes pas chanteu(r)se vous-même).

À contre voix
Les mercredis, vendredis et dimanche jusqu'au 20 mars 2016 
Théâtre de la Reine Blanche
 2 bis passage Ruelle, 75 018 Paris

vendredi 5 février 2016

La vie pas a pas 2016 #5

Vendredi 29 janvier
Ce matin un peu de couture avant de partir au boulot, assez pour emmener des choses à travailler dans le métro. Au boulot je met laborieusement en place 3 doubles pages en une journée c'est frustrant et agaçant. Au sortir j'oublie encore de passer au magasin de BD et je rentre directement. Je pense enfin à scanner la recette d'empanadas que Sœur me demande depuis 3 semaines. Je lance la deuxième marmitée de soupe et la moussaka pour ce soir. J'ai un message de V. "Vous faites quoi ce soir ?". "Ce soir on ne bouge pas mais passe si tu veux". Ça marche. Nous voici donc 4 à diner, j'ai plus qu'à ne pas rater ma moussaka. Soirée très sympas à discuter et écouter des vinyles mais du coup je n'ai pas le temps de relire et de publier mon pas à pas. Et vu le week-end qui se prépare je ne sais pas quand je le trouverai...

Samedi 30 janvier
Rendez-vous chez le gynéco. Mes résultats de frottis sont bon. Suffisamment pour qu'il tente la pose de stérilet le mois prochain sauf qu'a l'examen et bien j'ai l’utérus rétro-versé et un col très serré, difficile de savoir si ce sera possible, il me prévient qu'il ne forcera pas si ça ne passe pas. Bon bref verdict dans un mois. En sortant de là je suis plutôt mal, la retombée du stress et puis c'est de toute façon toujours une drôle de sensation de se faire tripoter l’intérieur. Je m'allonge du coup quelques minutes avant de repartir pour Arpajon ou nous retrouvons belle-maman pour un déjeuner au restaurant. Nous testons La Chimère, ou je prends soupe d'oignon gratinée, choucroute et glace, ce n'est pas le resto du siècle mais le rapport qualité-prix est bon et les quantités impeccables (ni trop, ni trop peu) ce que j'apprécie toujours particulièrement. Ensuite nous filons pour notre rendez-vous chez Quipao pour un massage offert pour nos anniversaires de l'année dernière et dont il était peut-être temps de profiter. Nous ne pouvons pas être dans la même cabine, et les esthéticiennes en sont toutes désolée mais en fait ce n'est pas bien grave. Une heure sous des mains expertes et je manque de m'endormir plusieurs fois (la faute au matelas chauffant aussi). monMari sort aussi ravi et détendu que moi.Après un thé et un café offert par la maison pour se laisser le temps de rassembler nos espris, nous apprenons que nous avons bénéficié d'une réduction et que du coup il nous reste du crédit sur nos cartes cadeaux, on sera obligés de revenir (oulala c'est grave). Nous passons le reste de l'après-midi chez les parents de monMari à discuter (et à broder en ce qui me concerne) et prenons l’apéritif avec eux avant de nous rendre à l'anniversaire de L. pour passer la soirée. Soirée qui se prolongera jusqu’à 3 heures du matin à coup de discussions à bâtons rompus et de musique improvisée. A noter que mademoiselle (la petite de Dame Leo et de l'Anglais) passe 10 minutes sur mes genoux et prononce mon prénom, à la grande jalousie de monMari. Mais aussi que je fini la soirée net saoule (ça ne m'arrive pas très souvent, heureusement, vu que ça se manifeste, entre autre par des lapsus pas très fun, genre dire que je suis célibataire au lieu de nullipare (alors que monMari est à portée d'oreille bien sur)).

Dimanche 31 janvier
Je me réveille avant le réveil (programmé pour 10h30) et ne parviens pas à me rendormir, je sens que ce ne sera pas le week-end le plus reposant de l'année. Nous partons déjeuner chez un cousin de monMari dans le nord de Paris. Crevettes, avocat, poulet au citron et crêpes chocolat poire, je sors de table avec le ventre bien rempli. On discute composteur, ils en ont un et j'ai bien envie d'en mettre un sur notre balcon également mais monMari a clairement l'air septique, d'autant plus quand ils me montrent l’intérieur (c'est quand même des vers qui grouillent). N’empêche que ça réduirait clairement nos déchets donc je garde quand même l'idée dans un coin de ma tête. On va se promener le long du canal de l'Ourcq puis monMari et moi filons au théâtre pour le spectacle "À contre voix". Du théâtre lyrique ou joue notre amie Clara (je vous parlerai de la pièce dans un article à part). On boit un verre, on dine à une 10aine d'amis venus la voir puis on va visiter son chez elle (à un peu moins nombreux). Comme de juste on parle beaucoup musique, technique de chant et psychanalyse en buvant de la tisane (la tuyauterie, pour ou contre) et comme l'amoureux de la dame arrive super tard on reste un peu pour le voir et on rentre à 2 heures du matin (je l'avais dit qu'il ne serait pas reposant ce week-end).

Lundi 1er février
Et voila, on est en février et je n'ai toujours pas fait mes cartes de bonne année, je suis officiellement en retard. En plus je n'ai toujours pas publié le pas à pas précédent, donc double retard pour moi. Je trouve quand même le temps de le faire dans la journée. En espérant que ça ne m'arrivera pas trop souvent d'avoir 3 jours de retard. Je fais aussi un petit craquage de début de mois en achetant deux vinyles sur le net (croisons les doigts pour qu'ils soient en bon état). Je passe chercher mon stérilet en sortant du boulot, la boite est immense par rapport à la taille du machin, j'en profite pour prendre de l'Euphytose, vu comment je dors en ce moment, une cure ne peut pas faire de mal. Ce soir c'est répétition des Conteuses de pas, les deux nouvelles chansons sont presque finalisées, elles devraient donc être prête pour notre prochaine date (le 19 février) on réfléchi d'ailleurs à l'ordre du set de la fameuse date pour laquelle nous faisons scène commune avec Prends garde aux loups. L'idée c'est donc de mélanger les morceaux des deux groupes. Clémence s’inquiète (à raison) de la difficulté de rester concentrer et de sortir du bon son pendant 3h30 (parce que 3h30, c'est long). C'est sûr que ce ne sera pas simple mais je pense que c'est un challenge stimulant. Ma cousine Nolwenn nous informe par mail qu'elle sera sur Paris le premier week-end de mars avec son chéri et deux amis à lui et nous demande si Sœur et moi pouvons l'aider pour la création du programme touristique, ce qui ne devrait pas poser de problème effectivement. En rentrant je constate que les voisins ont entreposés des trucs dans le couloir (une gazinière, un photocopieur et deux portes quand même). Non seulement ils vont se faire engueuler par le gardien mais surtout je passe 5 bonnes minute à faire sortir Pristy (c'est mon chat) de ce fatras. Et à minuit bizarrement c'est pas mon activité préférée. Je confirme bien que je suis crevée après ce week-end sans repos aucun.

Mardi 2 février
Je commence la journée par un disque de Jean Ferrat. Le gardien à effectivement laissé un mot sur le bordel dans le couloir mais je ne crois pas qu'il ai beaucoup d'autres recours que de faire un mot énervé donc ça risque de rester là un moment. Au boulot rien de notable. Je retrouve Clémence pour manger un bout avant le cours de chant dans la danse proposé par V. aux 3 arts. C'est plutôt intéressant mais la plupart des présents ne dansent que très peu et, au bout de 30 minutes de ronde on les sent crevés en l'ambiance en pâti forcement. J'appelle les parents pendant la pause. Tout va bien en Bretagne. Ils ont eu une nouvelle proposition pour la vente de la maison et ne savent pas encore s'il vont accepter car c'est bien au dessous du montant qu'ils espéraient. La dernière sœur de ma grand-mère est morte, il ne reste plus qu'un frère survivant de cette famille à la longue longévité (ma grand-mère est morte à 100 ans l'année dernière, aucune de ses sœur n'était bien loin de cet âge canonique). On prends un verre ou deux avant de se rentrer et puis je suis de retour peu après minuit, ce qui est plutôt tôt. Dodo.

Mercredi 3 février
Aujourd'hui c'est Joan Baez au petit-déjeuner. En voila une que je ne me lasserai jamais d'écouter, et pour ma réincarnation je veux la même voix qu'elle. J'envoie un mail a Catherine Perrier pour lui demander si elle veut bien aider une copine pour son mémoire, comme il lui faut des renseignements sur les chansons traditionnelles anglaises, je ne vois personne d'autre. Comme mon cours de chant se décale je n'ai rien ce soir, je propose donc à l'Anglais et au cousin Adrien de se faire cette virée disquaire dont on avait parlé. C'est ok pour eux donc direction châtelet à la sortie du boulot. C'est quand même rageant de finir à 18h quand les magasins ferment à 19. On débute par Parallèles car autant aller d'abord là ou c'est un peu moins cher. Si l'anglais fait chou blanc (en rock à priori c'est un peu mince et surtout il y a beaucoup de compil), le cousin Adrien trouve deux disques (Brassens et U2) quand à moi leur rayon de folk français est large et quand on a écarté les disques enregistrées par les chorales locales dont il est impossible de savoir ce qu'ils valent, il en reste encore pas mal. Je tombe notamment sur un disque de collectage du Morvan et sur un disque enregistrés par les membres de Mélusine + d'autres gens ce qui est en général un gage de qualité. J'ajoute le live européen de Joan Baez en 83 (sans doute contaminée par mon écoute de la matinée). Et voila que le magasin ferme déjà. Sachant qu'on trouvera porte close, on pousse quand même jusqu’à Monster melodies comme ça on saura au moins ou c'est.

 Photo de l'Anglais qui a un blog -> ici

Sauf que là.... la porte est encore entrouverte. "On peut entrer pour les disques ?" "oui c'est à l'étage". C'est un peu la caverne d'Ali-baba là-haut. Il y a des vinyles sur toutes les surfaces visibles et les bacs plein à craquer débordent. Whaou. Pour les prix par contre c'est pas les mêmes échelles, rien à moins de 25 euros ici mais je pense qu'on y trouve juste tout (sauf du folk français (justement ce que je cherche) ou alors j'ai raté le rayon). Au rayon Pink Floyd il manque Meddle mais comme je le dis à voix haute, le vendeur me le sors de derrière le comptoir, c'est monMari qui va être content. L'anglais trouve le rayon Queen et on manque de le perdre, et lorsqu'on tombe sur un vinyle "comics avengers" (ce n'est pas une blague les chansons s'appellent des noms des super-héros) dans le rayon rock progressif, le vendeur nous le fait écouter pour corriger nos mines intriguées. Au final l'Anglais l'emportera, en compagnie d'un Queen (période cuir) et d'un disque de musique irlandaise, le cousin Adrien par avec un Chemical Brother et moi avec mon Pink Floyd. Le rez-de-chaussé du magasin est un atelier de réparation de platines et amplis ancien, je note dans ma tête pour quand mon ampli (qui donne des signes de faiblesse) me lâchera. En partant l'anglais photographie quand même le robot-présentoir argenté et géant de l'album News of the world de Queen qui trône dans l'entrée.

Le résultat de ma chasse

Nous passons prendre un demi et un pot de frite dans un bar avant de rentrer chacun chez soi, on en profite pour donner quelques lieux de sortie au cousin Adrien qui arrive juste sur Paris. De retour au bercail je trouve monMari couché et pas vraiment en forme, et qui n'est étrangement pas vraiment pour quand je propose du poisson pour le diner. Ce sera donc lapin chasseur (il m'en reste encore au congélateur) et pommes-de-terre. On mange dans le lit vu qu'il n'a pas l'air suffisamment en forme pour faire autrement, devant le bilan cinémas de l'année de notre youtubeur favori. Et j’éteins la lampe avant minuit, voila qui me fait bizarre.

Jeudi 4 février 2016
Je commence la journée avec le disque de Joan Baez acheté hier et waouh, la première chanson me cloue à ma chaise et je pense que je peux être sure que le disque entier est bon. En 83 Joan Baez n'a plus tout à fait la voix de ses début, celle-ci c'est enrichie d'harmonies plus graves et plus riches. Là c'est juste beau. Au boulot pas beaucoup de boulot justement. Je trouve enfin le temps de préparer notre carte de vœux très tardive. Je l'envoie par mail pour une partie, il faudra aussi que je la fasse imprimer.


Je passe à mon magasin de BD préféré acheter le dernier tome des notes de Boulet et coup de pot, je repart avec le sac panda qui était disponible en cadeau bonus dans certaines librairies. Et ça tombe bien car l'anse de mon sac actuel (récupéré au vide dressing) me lâche juste derrière et qu'il rentrent pile l'un dans l'autre. Au cours de chant on retravaille sur un ghazal en charukeshi que je connais bien mais sur lequel je dois encore peaufiner des détails. La semaine prochaine c'est le dernier cours avant la pause inter-semestre (pendant laquelle ma prof part en Inde donner un stage). À son retour elle promet des compos que je n'ai jamais faite. Je grignote À mac do (oui je sais c'est pas bien) et je file au Quiet Man. Il y a beaucoup de monde et peu de chanteur mais on s'y lance un peu quand même et soudain on se retrouve avec un auditoire de quatre jeunes en étude d'ethno-musicologie à Nanterre. En discutant avec eux on se rends compte qu'ils n’étudient absolument pas la partie francophonie parce que "ça a été trop folklorisé" au niveau de la musique traditionnelle selon leurs profs (comprendre qu'il n'y a plus que de l'imitation sclérosée et plus de tradition vivante). Autant dire qu'on est loin de ce que j'ai pu en voir. Nous voila du coup filmés pour leur cours, on verra si leurs profs nous trouvent si sclérosés que ça... Rentrée. Dodo.

jeudi 4 février 2016

Mr Vertigo

On m'a offert Mr Vertigo pour mon anniversaire il y a deux ans et comme on m'avait offert pas mal de roman à cette occasion et que l'on m'en a offert encore pas mal d'autres depuis, il est resté un bon bout de temps dans ma PÀL. Et puis je me suis décidé à l'emmener avec moi (je lis principalement dans le métro) il y a peu et je ne l'ai pas du tout regretté.
Le roman raconte l'histoire d'un gamin des rues insupportable nommé Walt qui, à moitié convaincu, à moitié enlevé, va se retrouver transporté au fin fond du Kansas dans une ferme isolée, en compagnie d'un noir handicapé, d'une ancienne voltigeuse sioux et d'un maître juif pour y apprendre à voler (voler flap flap, pas voler dans les poches).
J'ai beaucoup aimé ce roman et je l'ai lu d'une traite mais par contre, je ne suis pas sûre de pouvoir décortiquer pourquoi. Écrit comme "des mémoires", il ne déroule absolument pas son histoire de façon neutre et c'est sans doute sa grande force. Ainsi les périodes de la vie du narrateur ne sont pas toutes traitées avec la même importance ni les mêmes détails au point que certaines ne sont qu’évoquées et que l'on ne le voit sortir de l'enfance qu'arrivé aux trois quart du livre. De même, il juge, commente et re-réfléchi les événements passés et les décisions qu'il a prises il y a de cela 60 ans et, même si c'est classique dans ce genre de récit, cela m'a plus touché que d'habitude. Sans doute justement à cause de cette dilatation du temps de l'enfance, cette importance donnée aux sentiments ressentis à cette période et qui furent le ciment de la personnalité de l'adulte. Personnellement, j'ai bien peu de souvenirs de l'enfance, à part quelques pensées éparses que je me souviens avoir eu et qui ont formé certains traits de caractères que j'ai encore aujourd'hui, et pour cette raison, cet aspect du livre m'a sans doute touché plus qu'il l'aurait fait pour une autre.

"Je n'entendais pas tout ce qu'on disait , mais mes oreilles en perçurent assez pour que je comprenne que les avis étaient très partagés a notre sujet. Il y avait des gens qui voyaient ça sous l'angle religieux et affirmaient carrément que nous avions fait alliance avec le diable. D'autres nous traitaient d'imposteurs et de charlatans, d'autres encore n'avaient pas d'opinion. Ils gueulaient pour le simple plaisir de gueuler, contents de participer au tapage avec leurs hurlements furieux et inarticulés."

lundi 1 février 2016

La vie pas à pas 2016 #4

Vendredi 22 janvier
Au réveil je décide d'installer la nouvelle platine vinyle, cette fois-ci sera-t-elle la bonne ? Suspense. Et oui, cette fois ça fonctionne pour de bon, je suis super soulagée, limite extatique. Du coup je commence par Brassens et Jean Michel Caradec pendant mon petit-déjeuner. J'arrive au travail toute contente et je crois que je répète 5 ou 6 fois à mes collègues que ma platine marche. Dans la foulée je parle d'organiser une expédition disquaires avec l'Anglais et le cousin Adrien. Reste à trouver quand. En sortant du boulot je file à l'appart, un arrêt en chemin pour acheter des victuailles car nous partons pour la Bretagne ce soir. Hervé et son frère passent à la maison et nous laissent une voiture. Dés que monMari rentre on charge le coffre et on prend la route. À plus de 20h30 pour 5 heures de route, on sait qu'on n'est pas couchés. Dans la brume et la nuit, nous perdons régulièrement du temps sur le GPS et arrivons tout juste avant 2 heure du matin et nous écroulons sur le lit.

Samedi 23 janvier
On se réveille naturellement vers 10 heures, ce qui laisse le temps de se préparer tranquillement et d'aller au marché. Le marché d'hiver d'Erquy est réduit aux seuls produits alimentaires mais il reste plutôt bien fourni. L'avantage du bord de mer, c'est que le 23 janvier, il n'y fait pas moins de 10 degrés. Ce midi ce sera praires, ratatouille maison et steak de cheval (sauf Môman et monMari qui eux ont choisi l'agneau de prés salé). Au dessert on sort le cadeau de Noël des parents de la voiture, il est a la fois en retard, puisque Noël est passé, et en avance vu que nous ne l'avons pas encore fêté ensemble. Si ce n'est pas une surprise, c'est au moins un franc succès (avec le concours de Soeur et de son Love nous leur avons offert une chaine combinée qui fait radio, CD, vinyles et même cassettes audio). On la teste avec du Pink Floyd (j'ai ramené le coffret collector de Pôpa qui était chez moi à son légitime propriétaire). Et monMari tombe en extase en écoutant Echoes, je note qu'il faut donc que je trouve ce disque en double.
Après déjeuner monMari et moi allons faire un tour sur la lande du cap, qui en cette période est rousse, avec quelques genêts fleuris. Nous en profitons pour prendre des photos pour notre carte de bonne année qui sera en retard comme tous les ans. Nous redescendons assez vite par peur de la pluie qui a l'air de se décider à tomber (ce qui s’avérera être une fausse alerte).


Je ressorts avec Môman pour aller visiter le chausseur d'Erquy et ses soldes chez qui je trouve enfin une paire de basket en cuir non-noires et sympas (des ecco). Après un petit thé/gâteau à la maison nous nous attaquons à la création du blog de cuisine de Môman, une aventure dans laquelle je lui suggère de se lancer depuis quelques mois, ça s'appellera donc Cuisine à la louche (je vous mettrais le lien dés qu'il fonctionnera, si ça vous dis d'y jeter un œil). On fait une bonne partie de la préparation ensemble, il ne lui restera plus qu'a poster ses articles normalement, j'ai hâte de suivre ça. Et puis c'est déjà l'heure de filer au restaurant. Les parents nous invitent au Madloc'h pour nous remercier de notre aide sur leur déménagement. L'entrée suggérée du joue est une salade landaise aux langoustines, gésiers ET langoustines ? Il ne faudra pas me le dire deux fois. Je continue avec un cabillaud en croute de graines (sarrasin et lin), fini avec un assemblage de fromages puis une farandole de desserts. C'est très bon, très fin et on sent que l'on a affaire à des produits frais et locaux. Bref une adresse que je conseille sans peine si vous passez dans le coin. Comme on a quand même pas mal mangé, monMari et moi finissons la journée par une promenade digestive sur le port où les restaurants sont déjà fermé à 23h (c'est là qu'on sent que c'est l'hiver). On rentre dormir au chaud sous la couette.

Dimanche 24 janvier
On se réveille naturellement vers 9h30, avec l'idée qu'il faut malheureusement déjà repartir. Dans le coffre, on charge une caisse de légumes du jardin pour faire une soupe. Direction Rennes pour déménager le copain Hervé. Quand nous arrivons une bonne partie du barda est déjà chargée mais en voyant ce qu'il reste, on doute clairement de tout faire rentrer. On laissera d'ailleurs finalement l’énorme télévision et les meubles de cuisine derrière nous malgré le camion plein jusqu'au front et la voiture dans le même état. Chargement fini, c'est parti pour 4/5 heures de route. S'ils se relaient au volant du camion, je conduit seule la voiture et quand on arrive je suis crevée. Le déchargement est, comme de coutume, bien plus rapide que le chargement et à 21h nous avons tout fini. Une pizza entre pote, une discussion sur l'art contemporain ou c'est surtout moi qui parle (oups) et on prends enfin la direction du bercail. Je me fais couler un bain pour me détendre mais c'est sans compter sur le chat qui miaule à la mort pour que je lui donne de l'attention (vu qu'elle a été seule ce week-end). Quand ça veut pas.... Notez que ça ne m’empêchera pas de m'endormir quand même comme une masse.

Lundi 25 janvier
Je commence la journée avec un vinyle de Duteil (un de ceux que j’écoutais quand j’étais petite, nostalgie quand tu nous tiens). Comme tous les lundi c'est dur de retourner au boulot. Ce soir c'est répétition des Conteuses de pas. Mais d'abord réparation du pot échappement de la voiture pas toute jeune de clémence qui s'est décroché juste en arrivant chez V&V, toujours avoir un bout de fil de fer à trainer chez soi. On travaille sur la valse à 8 temps et la scottish qui avancent ma fois bien. Wirggy ne peut pas être là pour un bal qu'on nous propose en avril, est-ce qu'on tente d'y aller quand même à trois ? On va en tout cas le proposer à l'organisateur. En rentrant j'ai une carte de bonne année d'Eleanor dans ma boite aux lettre, il faut vraiment que je me dépêche de préparer les miennes.... monMari n'est pas en super forme mentale et je m'endors en lui tenant la main (ce qui est un peu un miracle car je n'arrive normalement pas à m'endormir si j'ai le moindre contact physique avec quoi que ce soit d'autre que les draps du lit.

Mardi 26 janvier
Rien de spécial ce matin, pas plus au travail. Notre directeur nous fait enfin une communication globale afin que nous puissions poser les questions qui agitent la boite et faire taire les rumeurs. Même si globalement c'est pour dire que beaucoup de réponses sont en suspend, on sent que ça détend un peu l'ambiance en interne. J'arrive à réserver un gite pour la semaine de festival de Bovel, il ne reste plus qu'a le remplir de gens. Ce soir c'est la représentation d'impro de monMari. Sœur passe avant diner et m'aide à préparer une soupe, ce sera pâtes bolognaises pour le diner parce que c'est facile à faire, le cousin Adrien et sa chérie dont, à ma grande honte, je n'arrive pas à mémoriser le nom se joignent à nous. Nous sommes en retard mais heureusement c'est juste à coté et nous arrivons avant le début du match. Si l’équipe de monMari est largement au dessus de l'autre pour son impro de présentation, sur les autres manches c'est plus partagé et on se dirige vers un ex-æquo (vu que ce sont deux équipes du même cours d'impro, c'est plutôt une bonne chose). Comme d'habitude il est facile dans la salle de se dire "tien là j'aurai plus fait ça" alors que sur scène on en n'aurait sans doute pas mené bien large. Finalement personne ne vient diner ensuite et j'ai donc préparé bien trop de bolognaise mais bon au pire ça se congèle bien. On discute de fourniture de dessin avec Florine et elle rembarque deux feutres-pinceaux noirs que je n'utilise pas. J'essaye de finir de faire cuire la soupe et je me brule avec la vapeur en rouvrant la cocotte, bon il me reste de la pommade Lelong, j'en applique un peu avant de dormir.

Mercredi 27 janvier
Moi doigt n'est pas abîmé. J’écoute Kate Bush avant de partir au boulot, je ne savais pas que Army Dreamer et Babushka étaient sur le même disque. J'emmène une lucette et de la laine rouge dans mon sac pour une aumônière de la mesnie qui a besoin d'un nouveau cordon. Ça y est tout à coup le client s'est réveillé et on à du travail tout plein. Passer la journée sur des détourages ça fait mal aux yeux. Pour le cadeau de L. je passe à ma mercerie préférée qui n'a pas ce que je veux mais me conseille une boutique trois rues plus loin (Brin de cousette). Pendant que j'y cherche mon bonheur un couple rentre derrière moi, apparemment pour une initiation couture. Comme les hommes qui se frottent à la discipline sont encore bien rare, ça fait plutôt plaisir de les voir débarquer là avec naturel. À l'atelier de chant justement L. vient pour la première fois. Et apparemment je fais moins peur que V. On travaille justement une chanson que je connais déjà un peu et que j'adore. Pour moi on se concentrera sur les modulation d'ouverture de bouche, en tentant de sortir autant de son bouche ouverte que fermée. Voila qui va demander de l'entrainement. En rentrant une petite discussion avec monMari, règle des petits non-dit avant qu'ils ne s'empoisonnent mais comme je lui donne manière à réflexion il se rendors bien plus tard que moi.

Jeudi 28 janvier
Au réveil je me la soupe à finir de cuire (oui enfin) et je la mixe. Le gout est celui que je recherchais, celui de la soupe de ma maman. Maintenant il faudra que j'arrive la refaire sans Sœur. Je fais un brin de couture et j’écoute le disque "maison fondée en 1975", apparemment produit par une maison de disque à l’époque pour présenter ses artistes (une grande majorité de revival folk). Au boulot il y a de quoi faire. En sortant cours de chant indien. On travaille sur le raaga Shivranjani et sur les détails de Laage na mora jiya, au programme, éviter le passage en voix de tête et sortir tous les sons avec une égalité de volume. Pas forcement évident, et surtout pas du tout instinctif pour moi. Mais en me concentrant j'y arrive et c'est vrai que le son est très différent et plutôt intéressant. On va au restaurant Samsara ensemble pour fêter la fin du semestre. On met tous les plats au milieu de la table et chacun pioche, le meilleur moyen pour ne pas avoir trop à manger dans ce restaurant aux quantités très généreuses. Ensuite je passe au quiet, on est peu mais l'ambiance est sympas. Marie-Annick m'a amené deux pots de la moutarde au safran promis il y a un moment, miam ! On apprends l'andro à deux anglais sur leur demande, ils viennent de Sheffield, tiens donc ! (Sœur a été lectrice à la fac là-bas il y a quelques années et j’étais allée la visiter 15 jours à l'époque). Je rentre tranquille à la maison. Je congèle la soupe de ce matin en portions individuelles puis dodo.

vendredi 22 janvier 2016

La vie pas à pas 2016 #3

Vendredi 15 janvier
Au réveil, je prends le temps d'expliquer à monMari ce qui ne va pas avec l’étagère de la platine vinyle, j'en profite pour lui montrer comment elle marche sauf que... elle ne marche pas. Je maîtrise ma crise de nerf et fini par repérer que c'est le départ automatique qui merde, si on la fait partir en manuel elle fonctionne sans problème. Comme je n'ai pas envie de me prendre la tête avec le magasin où l'on me dira sans doute que c'est du au transport, nous décidons de la garder comme ça, après tout c'est une fonction gadget, peu présente sur les platines en règle générale. Au boulot tout le monde fait la blague du "alors a qui le tour ? pour les décès de célébrité, le mari et producteur de Céline Dion est mort mais c’était hier soir ça ne compte pas (oui encore le cancer). Une longue journée d'attente pour du travail qui tombe a 16h30 (vous avez dit comme d'habitude ?). En milieu d’après-midi j'ai la bonne surprise de recevoir l'enregistrement de la mazurka par mail, toute contente. En sortant je repasse par la maison pour diner et finir mon article de blog. J'en profite pour lire la BD achetée hier. Je traine sur mon heure de départ en espérant croiser monMari qui rentre normalement vers 20h. Sans nouvelles (son portable sonne dans le vide) je pars de la maison à 20h30 pour rejoindre le bal de la Bourrache dans le 20ème. C'est pas mal plein avec une population mélangée au niveau des ages et des habitudes de danse. Jouent le Duo Astragale et Les yeux de lilas, deux groupes que je connais et apprécie bien. La sono est très bien gérée et met en valeur les subtilités du jeu des interprètes. Il y a longtemps que je n'avais pas passé un bal dans d'aussi bonnes conditions de musique et de danse et je profite de pas mal de bon moments (c'est moi qui ai attrapé la meilleure danseuse de polska de la salle au moment fatidique). Je revoie aussi des personnes que j’apprécie mais que je ne vois qu'en bal (et que j'avais donc rarement vu ces derniers temps vu que je passe mon temps à faire de la musique au lieu de danser). Bref tout cela me fait du bien. D'ailleurs il parait que mon dos est débloqué, me dit monMari (qui finalement allait bien) quand je rentre à 2h30 du matin (j'ai eu le dernier métro de justesse).

Samedi 16 janvier
Le réveil sonne à 8h (pourquoiiiiii). Je m'extrais difficilement du lit à 8h45, départ dans 1/2 heure, je crois que je vais être en retard. Arrivée à la répet je suis en retard mais la première quand même. Clémence nous a préparé une surprise pour les 1 an du groupe (en fait nos 1 an de scène puisque nous nous étions formées en octobre pour une première scène en janvier) avec l'aide de la très douée Florine : un florilège de jeux de mots à partir du nom du groupe, ainsi qu'une belle illustration de nous quatre. Nous sommes à la fois mortes de rire et très émues.



C'est pas tout ça mais au boulot. Nous parcourons la fin du set et passons un bon moment à retravailler la bourrée pour obtenir de meilleures variations d'accents (afin d'induire une plus grande diversité de danse). Le feeling est bon et ça marche bien. Ce midi c'est quiche avec des restes. On reprends la répet sur les nouvelles chansons cette fois, on bosse la scottish de la drague ratée et on trouve un truc pour la rallonger un peu. A 17h les garçons de PGAL se joignent à nous pour bosser des morceaux en commun pour la scène que l'on partagera au Borrego en février, ça va être fun. On fini vers 22h autour d'une tarte au mariolle et on se transfère vers chez Clémence, en essayant de ne pas se coucher trop tard parce que demain rebelote.

Dimanche 17 janvier
Les filles me laissent dormir jusqu’à 10h30 et quand je leur dit qu'elles auraient pu me réveiller elles me répondent qu'elles sont rassurées de voir que je dors moi aussi (heu, quelle idée vous vous faites de moi exactement ?). On bosse les bourdons de voix dans le but d’accorder nos sons. Ma vielliste chérie, à cause de son oreille absolue, a des questions auxquelles il m'est bien difficile de répondre, moi qui théorise très peu ma pratique, mais enfin j'essaye. En tout cas on sent que ça marche, nos voix sonnent de mieux en mieux ensemble. On déjeune salade/patates/poireaux/croquettes de poulet. Puis je file pour le vide dressing chez Margot, nous sommes 9 (et un sapin de Noël) dans son petit appartement, c'est serré. Des tas de fringues changent de valise dans un joyeux concert (arrosé de thé et de gâteaux) ceux que personne ne veut partirons au relais. Mon pull angora rose fushia et le manteau de Sœur font une heureuse, quand à moi je repart avec quatre (4 !) jeans, un pull, une robe, une jupe, un pantalon, deux paires de chaussures, deux sacs, deux t-shirts + des choses dont je pense qu'elles plairons à d'autres. Ok je ne vais pas avoir besoin de faire les magasins avant un bon moment ET je vais devoir éliminer des vêtements de ma propre armoire. En rentrant je retrouve monMari pour commander le japonais à emporter que nous dégustons, après une bonne hésitation devant Les Liaisons dangereuses (la version de 1988) pour monMari c'est une découverte, lui qui connait par cœur la version ré-actualisée de 1999. Puis je fini le week-end par un bon bain de détente. Ouf.

Lundi 18 janvier 
Je m'habille en intégralité en vide-dressing d'hier, et j'ai déjà des compliments sur mon nouveau pull. À midi je m'étais gardé les restes du japonais d'hier. Il me faut attendre un message de Sœur pour me rappeler que je fini à 17h et que donc on peut se retrouver plus tôt. Après un mic-mac de train (je dois descendre pour l'attendre à Sèvre rive-gauche et qu'on remonte dans le train suivant pour Villepreux), nous arrivons à la maison vide à la nuit tombée, il nous faut 20 petites minutes pour mettre tous les encombrants dehors à deux. La maison résonne et elle est bien vide. Certaines choses semblent avoir attendu qu'on en soit partis pour s'abimer, comme cette dalle de polystyrène du plafond de l'escalier qui s'est décollée une fois que plus personne n'étais là pour la surveiller. Je récupère trois livres de recettes et un pot de confiture vide plutôt que de les jeter (ce sera ça de plus à traiter pour le cook book challenge par contre...). Le sac que j'ai pris pour Sœur au vide-dressing ne lui plait pas, tant pis, il sera mis de côté pour le suivant. On remonte sur Paris pour dîner chez elle, son Love à passé l'après-midi en cuisine pour concocter sushi et maki pour ses collègues, desquels nous avons la primeur (et c'est ma fois fort bon). Pour sortir de l’hôpital c'est un peu la croix et la bannière (l'entrée principale est bloquée au moment où je veux sortir). Je crois me perdre et quand j'y arrive je tombe sur monMari venu me chercher, ce qu'apparemment on avait prévu mais que j'avais oublié (heureusement qu'il a le sens du timing). Nous hébergeons une membre de son asso ce soir, elle récupère le sac destiné à Sœur, ce sera ça de débarrassé. En rentrant je décide de mettre un vinyle sur ma platine tout juste installée.... et je découvre qu'elle n'est pas bien réglée et tourne trop lentement. C'est inécoutable. La coupe est un peu pleine avec ça et mon moral coule en flèche, je vais donc lâchement me coucher en laissant monMari se dépatouiller avec les opinions politiques tranchées et tonitruantes de sa collègue d'asso.

Mardi 19 janvier
Ce soir c'est concert donc je suis chargée comme une mule pour aller prendre le métro (micro, pied de micro, tanpura et vêtements du vide-dressing pour les filles). En plus de quoi j'oublie mon téléphone à la maison... ça commence bien. Journée d'attente au boulot,  Clémence passe chercher mes trucs pour que je puisse passer faire un tour au magasin de hifi (pour la platine) avant de les retrouver au Diablito. Sauf que quand j'y arrive il y a trois gars qui fument devant un rideau de fer abaissé. Le bal est annulé pour défaut d’électricité dans le lieu et comme je n'avais pas de téléphone ils sont restés à attendre devant pour me réceptionner. Du coup c'est branle bas de combat pour prévenir tout le monde. On se retrouve au Quiet avec les autres membre des deux groupes, puisque c'est ça je prend un whisky pour me consoler et comme je ne sais pas lequel choisir je prends le préféré de Pôpa, le Tullamore D.E.W. Et bien il a bon gout mon Pôpa. On cherche pendant un moment un diner dans le quartier, le resto dans lequel on fini n'est pas mauvais (mais pas non plus extra) mais il y a un mic mac sur l'addition qui fait qu'on en sort avec l'impression de s’être fait arnaqués et qu'on n'y retournera pas. Retour au Quiet pour un dernier verre et une séance de chant avec shruti box (puisqu'on l'a avec nous). Et puis il est temps de rentrer, vielliste chérie me propose de me ramener vu qu'on va dans la même direction et je fais donc le retour en voiture ancienne (celle de son copain, ne me demandez pas le modèle) ce qui est quand même bien classe.

Mercredi 20 janvier
monMari a passé une très mauvaise nuit (à stresser pour son impro théâtre de... mardi prochain, je sens que la semaine à attendre va être longue et les nuits courtes) et par voies de conséquences moi aussi. Je prépare la platine pour la ramener au magasin pour qu'ils me la règlent (hier le vendeur m'a dit pas de problème). Arrivé là-bas, il s’avère que la panne semble être plus sévère que prévu et ne peut pas être réparée comme ça, si je veux repartir avec une platine il me faut faire un échange. Après un moment d’hésitation je choisi de prendre le modèle au-dessus dans la gamme. Il faut ajouter un peu d'argent au bout mais je l'aurai neuve, garantie 2 ans et réglée. Je pars donc au travail avec un énorme carton sous le bras. Un peu de boulot au boulot ce coup-ci, je commence aussi le détourage et le classement des photos des costumes "de prêt" de la compagnie médiévale. Ce soir à l'atelier chant ce sera patates/charcut/Mont d'or fondu, comme j'ai l'impression qu'on va manquer de fromage je fais fondre les restes qui végétaient dans le frigo de V&V. Brie+Roquefort+Brebis, apparemment c'est bon. Les trois chansons du jour sont bien galère et je rame pour reproduire et me rappeler les notes non tempérées du collectage, du coup à 23h je suis épuisée et je rentre plus tôt que d'habitude.

Jeudi 21 janvier
Le réveil sonne 1h15 plus tôt que d'habitude, 7h est une heure normale de réveil pour pas mal de gens mais quand on n'y est pas habitué ça pique. Cours de chant indien avant le boulot. On travaille le raaga Darbari Kanada, c'est un raaga de la nuit (que l'on joue entre minuit et 3h du matin) et ça s’entend. J'ai l'impression d'avoir récemment quitté le domaine de la facilité et que ce que ma prof me fait travailler est de plus en plus difficile. Non pas que je m'en plaigne notez, mais quand il faut chanter la tierce de manière ondulatoire en arrivant sur la note par les micro-tons qui sont entre la tierce mineure et la tierce majeure, je dois quand même m'accrocher au pinceau. Ensuite je file au boulot (aujourd'hui c'est mise en page de puériculture). Je prends les places pour aller voir le spectacle de Clara. En sortant je pars acheter le cadeau de Florine de la part de plein de gens, ça me prends 3 minutes chrono, j'en profite pour chercher une carte que tout le monde puisse signer. Puis je retrouve Clémence pour une soupe chinoise (la mienne s’avère un bœuf carotte pimenté avec des ramens, c'est bon et chaud). Puis direction le Quiet pour la fête d'anniversaire. On est plein, ça discute et ça chante, la soirée est bonne et la demoiselle contente. On discute Star Wars 7 avec l'anglais (qui est un C) et pas d'accord avec moi, la seule chose dont on conviendra en commun est que cet épisode ne pourra vraiment être jugé qu'a l'aulne du suivant. On est dans les derniers à partir, même si demain est une grosse journée je n'avais pas envie de me presser et monMari a gentiment accédé à ma requête. En arrivant à la maison je m’écroule et je crois que je m'endors avant que ma tête ne touche l'oreiller.

mardi 19 janvier 2016

Les liaisons dangereuses (1988)

Voila le genre de film qui m'a tellement marqué que j'ai acheté le DVD mais que je n'avais pourtant pas revu depuis un bon moment. Et puis monMari ne l'ayant jamais vu il a fini par trouver le chemin du lecteur DVD, pour me donner un choc aussi violent que la première fois.
Je vous fait la grâce de vous résumer l'histoire, si vous n'avez pas comme moi étudié le livre pendant votre scolarité (moi c'était au lycée) je suis sure que Wikipédia fait ça très bien.
Non, parlons plutôt du film (LE film, celui de Stephen Fears). Je dois vous dire que j'ai passé le visionnage pétrifiée. Pétrifiée par la violence et l'intensité du film, j'en gardais un souvenir marquant certes, mais j'avais du le voir dans mon adolescence, avant de connaitre l'amour, le vrai, celui qui est physique et mental, qui vous met au bord du gouffre et vous exalte, celui qui fait mal, bref, celui qui est le sujet du film.
Plusieurs choses m'ont frappées pendant le visionnage et je me rend compte après coup qu'il s'agit d'éléments qui font pourtant que le film a vieilli, dans le sens où ce sont des choix de réalisation qui, s'ils rendent le propos fort et réaliste, seraient incompatible avec un film hollywoodien des années 2010.
En premier lieu il y a la lenteur, le film propose de nombreux plans fixe sur les visages et les regards des personnages, tous les sentiments non exprimés passent par ce prisme. Et cela avec une réussite brillante, en grande partie due à l'excellence des acteurs. Ces plans fixes créent une tension extraordinaire qui fait beaucoup pour l'impact du film. Mais soyons juste, vous imagineriez un film d'aujourd'hui où la caméra se fixe 10 longues secondes sur le visage d'un personnage (et qui reste un film grand public) ? Moi non plus.
Et puis il y a aussi ce duel à l'épée où les adversaires s'arrêtent entre chaque passe pour reprendre leur souffle car, oui l'épée s'est fatiguant,. Et la question qui se pose, quand avez-vous pour la dernière fois vu au cinéma un combat à l'épée qui ne vous avait pas paru chorégraphié ? Moi ça fait un bout de temps.
Je rajouterai comme argument final que la scène d'introduction est un vrai moment de costume-porn hyper maitrisé et à voir absolument. Bref si vous êtes comme monMari et que vous ne l'avez jamais vu, je vous le dit, il est temps !

vendredi 15 janvier 2016

La vie pas à pas 2016 #2

Vendredi 8 Janvier
Débordée de boulot, comme d'habitude tout tombe en même temps. En sortant je me perds en allant au magasin de musique pour ma platine vinyle, je fini par me dire que je vais arriver après la fermeture mais c'est in-extremis. Dedans, c'est cool y en a plein, et cool y en a une dans la marque conseillée par mon collègue qui s'y connait qui est réduit de 200 euros, vive les soldes. Le plus compliqué c'est de se faire servir, les vendeurs sont tous au téléphone. Au final j'aurai celle-là mais comme c'est un modèle d'exposition il faut la remettre en forme avec tous ses accessoires, donc ce sera pour la semaine prochaine. Pas grave, j'ai hâte mais je peux attendre. En rentrant je me met en cuisine pour le Winter cookbook challenge (le fameux plat indien). C'est bien plus long à cuire que dit sur la recette et du coup lorsqu’à 22h c'est enfin prêt, nous sommes prêts a nous endormir dans nos assiettes, heureusement que c'est bon. Le coucher est donc tôt, j'avais deux propositions de soirées mais je sens que j'ai bien fait de décliner, le préférence à la couette.

Samedi 9 janvier
Le réveil qui sonne un samedi c'est pas humain. Le gynéco est prêt à me poser un stérilet même si je n'ai pas eu d'enfant. Il me le déconseille (contraction, infection, moins de protection) mais ne me demande pas mes raisons et lance la procédure, par contre il faut faire un examen et prendre des cachet donc ça va prendre un peu de temps. Puisque je suis au centre commercial, j'entreprends une quête pour trouver une paire de basket en cuir colorées et jolies. Il semble que je demande la lune, chez les hommes, pleins de jolis modèles, chez les femmes du noir, du pailleté et des trucs qui ressemblent à des running. Au final je trouverai mon bonheur chez Go Sport, comme quoi... (et oui et ce sera des Vans, et en toile mais ça reste le seul et unique modèle sympas que j'ai vu alors...). Je tente de passer à Primark pour trouver de quoi compléter mon costume pour le X mais c'est tellement blindé qu'il est impossible de circuler sans bousculer 3 personnes à chaque pas, direction la sortie pour éviter la crise d'angoisse. Un petit tour à la Fnac pour trouver un cadeau, je ressors bien sur avec des trucs pour nous aussi.
L’après-midi sera consacré à la paperasserie et au rangement, un bonheur toujours renouvelé. Ce soir on a un ami et sa nouvelle copine au diner. J'ai fait ma feignasse et c'est le four qui fait la cuisine (palette à la diable, pommes de terres, haricots verts). On parle pas mal de leur gros projet, l'idée d'un village auto-géré, éco-responsable et totalement autonome, si l'idée est du genre à m'enthousiasmer je suis plus dubitative sur sa réalisation (l’État donne vraiment de grosses subventions sur ce genre de projet ?). En outre j'ai du mal a projeter mentalement dans un projet dont le nerf est l'éco-responsabilité quelqu'un qui roule en 4x4, vente les mérites de la nespresso et n'envisage pas de concocter un seul repas sans viande. Peut-être que je deviens intolérante avec l'âge mais ça m'agace de plus en plus quand les discours idéologiques ne s'accompagnent pas d'une attitude adaptée dans la vie de tous les jours. Enfin on ne va pas râler parce que les gens font des projets chouettes, l'avenir nous dira bien assez si ça fonctionne. Il est tard une nouvelle fois quand on s’endort.

Dimanche 8 janvier
Aujourd'hui c'est journée à part, monMari passe sa journée en partie de donjons&dragons, moi je reçois les membres de la compagnie médiévale pour un atelier couture. Pas vraiment de couture pour de vrai (à 15 dans mon appartement c'est plutôt serré) mais une discussion pour mettre en place précisément à quoi doivent ressembler les costumes de chacun. Historiciser un peu tout le monde de façon cohérente et essayer de représenter au mieux la diversité de la mode de l’époque (aux alentours de 1250) en effet si on a l'avantage d'avoir une silhouette globale commune aux hommes et aux femmes (du large, du pli !), le diable (ou plutôt la cohérence historique) se niche dans les détails (coiffures, encolures, accessoires) et l'avantage d’être 25/30, c'est quand même de pouvoir présenter différentes choses à ce niveau, que chacun ai, dans son costume, son petit truc personnel en plus. Cela signifie donc de penser les costumes de la compagnie en globalité et non pas sur le tas comme cela se fait la plupart du temps à coup de "oh tu as fait ça, c'est joli je vais faire pareil" parce que si le "ça" en question est une occurrence très rare dans les sources et qu'on est 10 à le reproduire, outre le fait que l'on risque de s’éloigner de plus en plus de la source au fur et à mesure des reproductions, on ne sera de toute manière plus trop représentatifs.
Bref c'est passionnant comme sujet quand on s'y plonge et l'après-midi passe en un éclair. Mais c'est un sacré brouhaha et quand la maison se vide, je suis vidée moi aussi.
Du coup je fais ma feignasse en cuisine en réchauffant le reste du "repas indien" et, après un peu de vraie couture (parce que maintenant que j'ai sorti mes monceaux de tissus pour les montrer je me rends compte que vraiment, j'ai du pain sur la planche), on fini la soirée devant les courts métrages de chez Pixar, qui sont bien bien cool quand même.

Lundi 9 janvier
Je me lève plus tôt que mon heure pour aller faire un tour à la sécu (conséquence des paperasseries d'hier). Et surtout pour accompagner a sa prise de sang ma vielliste chérie qui a peur des piqures. En sortant du métro j'apprends que David Bowie est mort, d'un commun accords nous pensons que puisque Jonnhy Hallyday (pour prendre un exemple au hasard) a 4 ans de plus, la mort aurait quand même pu faire les choses dans l'ordre.

 
Puisqu'on est de concert sous peu (le 19 janvier) on envisage une reprise du monsieur, sujet à discuter à la prochaine répet. On se prend un petit dej. dans la boulangerie à coté de mon boulot et puis zou, au travail. Je passe la journée à mettre en page des piscines et des balançoires. De retour à la maison monMari est en plein repassage, je cuisine des tomates farcies avec la super recette transmise par môman, sans robot c'est quand même moins évident. Puis couture pour la compagnie médiévale, je double un chaperon pour enfant. Un peu d’écriture sur le blog et deux épisodes de Dowton Abbey et dodo.

Mardi 10 janvier
J’emmène un peu de couture à la main dans le métro, j'essaye de faire des points très serrés vu que c'est un chaperon pour enfant et qu'il risque d’être un peu malmené, c'est plus long du coup. Rien de notable au boulot, toujours des jouets à mettre en page. Un jour le client se rendra compte qu'il est contre productif d’écrire des romans pour présenter ses produits (mais pas aujourd'hui visiblement). Sur le chemin de la répèt, on parle avec ma vielliste chérie de la dépression et de l'isolement que l'on peut ressentir lorsqu'on essaye de régler un problème que les gens ne comprennent pas (et c'est pas de leur faute). La répèt se fini à cause d'un mal de gorge apparu tout d'un coup, le réparateur de clim est venu et l'a branché 1/2 heure, cela aurait-il un vague rapport ? J'ai laissé tombé l’interprétation sur la scottish et elle fonctionne bien mieux, c'est un peu vexant mais mon ego s'en remettra, l'essentiel c'est que ça sonne bien en global. Clémence me donne une recette de tisane anti-grippe pour lutter contre ce que je pense être un début de crève, je la prépare en rentrant : cannelle, clou de girofle, citron et thym, on sent bien que ça décape. Avant de se coucher on descend des trucs aux encombrant dont le meuble qui encombre le milieu de la cuisine depuis fin juillet. La pièce me parait tout à coup immense. Je m’endors avec deux gouttes d'huile essentielle de Ravintshara sur mon oreiller pour éviter de me réveiller avec le nez bouché.

Mercredi 11 janvier
Au réveil pas de nez bouché mais une barre dans la tête qui n'augure rien de bon. Je prends le reste de la tisane au lieu de mon thé du matin, et une gélule de propolis. Au boulot tout le monde est un peu dans le même état. Mes collègues sont globalement sympas mais parfois la conversation dérive sur des sujets sur lesquels je préférerai ne pas entendre leurs avis. Comme quand ça parle des immigrés, des fonctionnaires, des féministes ou des occupants de HLM par exemple. Aujourd'hui c'est le cas et je ne peux que mesurer le fossé qui nous sépare, je ne sais pas si c'est le fait que je n'ai pas la télé ou l’éducation qui a été différente mais leur manque de recul et leurs généralisations m’épuisent (oui je sais c'est pas très gentil mais 1) je suis malade, j'ai le droit, 2) ils ne lisent pas mon blog donc... 3) c'est mon blog je dis ce que je veux). En sortant du boulot je file chercher ma platine, le vendeur commence par me préconiser de la transporter à l'horizontale, oui mais ma journée n'est pas finie et je dois encore prendre le métro plusieurs fois. Finalement on scotch le plateau et le bras, on l'emballe de trois épaisseurs de papier bulle et c'est parti.


Cours de chant indien. Ma prof est en retard, on bosse sur le raaga Kàfi et je galère, non pas sur les notes qui ne sont pas difficiles à retenir (Kàfi ça correspond au dorien, je l'ai donc pas mal utilisé en jazz) mais sur les mouvements internes du raaga que je n'arrive pas à mémoriser (j'en plaque d'autres a la place). À retravailler donc. J'arrive bien en retard à l'atelier de chant et V. nous a concocté un programme long comme le bras, mais les chansons sont chouettes et dynamiques donc je ne me plaint pas. La soirée fini par une discussion sur la théorie de la relativité et son enseignement ou je m'embrouille à essayer d'expliquer ce que je garde en tête comme la relativité temporelle (mais j'ai mémorisé ça à partir d'un truc d'initiation quand j’étais enfant et si ça m'avais fasciné à l’époque, les souvenirs que j'en garde sont fragmentaires). Je me dis que j'aurai mieux fait de me taire sur ce coup la.

Jeudi 12 janvier
Je me réveille en super forme, j'ai très bien dormi et mon mal de gorge n'est plus qu'un mauvais souvenir, la tisane me semble bien efficace, il faut que je pense à noter la recette. J'essaye d'installer la platine vinyle, si j'arrive sans soucis à réinstaller le pied manquant à l'aide d'un tournevis plat je me rend par contre compte qu'il manque 10 cm de profondeur à l’étagère pour installer la bête de façon stable, y arrivera-t-on un jour ? Boulot, Alan Rickman est mort, ça va se clamer l'hécatombe de janvier 2016 ou pas ? (à toute fin utile je rappelle que Michel Delpech est mort le 2, je n'en ai pas parlé, mais j'adore Wight is white et Le loir et cher, oui c'est kitch, j'assume)


En sortant j'essaye de trouver des éléments pour mon colis du swap lumière, je trouve un truc à afwosh (je ne vous dirai pas quoi on ne sais jamais si ma swappé me lit) et j’ébauche une piste par ailleurs. Je passe à mon magasin de BD préféré et en ressort avec un volume très sympas dont l'histoire tourne autour des MMORPG (mais c'est plus subtil que noobs). Je retrouve Florine et V. au "chinois brochette" et je parle à la demoiselle du très beau dessin de tatouage que j'ai vu chez elle à sa crémaillère, comme il m’obsède depuis et vu qu'il n'est pas pris, je le réserve tout en prévenant que je ne sais pas quand je pourrais me le payer, vu que c'est une pièce qui couvre le bras de l’épaule à la main. On est deux a lui avoir réservé des motifs dans la même journée, je crois que c'est un signe pour qu'elle se lance. Veillée sympas au quiet, des arrivées tardives mais très appréciées. Une bien belle complainte maritime. Deux arrivants extérieurs de fin de soirée dont un insiste lourdement sur "mais est-ce qu'on accepte les gens comme nous ?". Au bout de 15 bonnes minutes on croit comprendre que c'est qu'il a fait de la prison, par contre on arrivera pas a lui faire intégrer que ici, tant que tu pourri pas l'ambiance, on s'en fout du reste. J'ai enfin fini l'ourlet du chaperon, j'essayerai sans doute une méthode différente sur le suivant en espérant que ce sera un peu moins lent.