mardi 28 avril 2015

Musée de l'histoire de l'immigration : Repères & Fashion mix

Depuis son ouverture, je ne m’étais encore jamais rendue au musée de l'histoire de l'immigration. Pourtant il s'agit sans doute du musée parisien le plus proche de chez moi vu qu'il se trouve à Porte Dorée (j'habite Créteil, pour venir à Paris je passe par Porte Dorée). Il a fallu une exposition sur la mode co-organisée par le Palais Galliera, dont j’apprécie en général beaucoup les évenements, pour que je me décide enfin.
Première surprise, le bâtiment : immense, massif, ultra décoré. S'il a un coté un peu kitch et vieillot (il fait très "exposition universelle", et pour cause), il est un écrin original et lumineux. La lumière entre à flot par de multiples puits et on a vraiment l'impression d'un bâtiment qui respire, la grandeur des espaces intérieurs et la décoration chargé se compensant pour donner un rendu qui n'est ni oppressant, ni écrasant mais juste impressionnant. A titre de comparaison le château de Versailles me fait la même impression, les proportions sont si grandes qu'avec une décoration plus légère on s'y sentirait perdu, la décoration est si chargée que dans des pièces plus petites on se sentirait oppressé.

 L'extérieur du palais - Photo : © Cyril Sancereau

 Le forum et ses fresques sur 4 étages - Photo : ® Lorenzo

Côté exposition avec Miss Coco nous avons commencé par la permanente avant de nous attaquer à Fashion Mix pour laquelle nous étions venues. L'exposition permanente est extrêmement bien faite et intéressante et je la conseille à tous.
Divisée en différents thème (le voyage, le logement, le travail, etc) et intitulée Repères, elle présente à la fois des faits historiques (différentes vagues de migrants et leurs raisons, conditions de logement des arrivants, mesures gouvernementales, etc), des témoignages de migrants, souvent accompagnés d'objets qui ont eu leur importance dans leur histoire personnelle, et des œuvres d'art contemporain traitant du sujet. Le tout dégage une grande cohérence, les différents objets et textes se répondant les uns aux autres et s'enrichissant mutuellement pour brosser par touches fines un tableau global de la complexité et de la richesse des mouvements de populations et de leurs effets.

Une vue générale de l'exposition. Photo : ©Mathieu Nouvel

Le carnet de souvenirs de la mère d'Alexis Vorontzoff - Photo : Lorenzö ©

Road to exile (2008) - Barthélémy Toguo - Photo :©ADAGP

Pour ce qui est de l'exposition Fashion Mix elle est également à voir (vous avez encore un peu de temps d'ici le 31 mai), même si elle m'a un peu moins impressionnée. Comme toujours avec les expositions proposés par le Palais Galliera (même si on est dans le cas d'une exposition "hors des murs", on sent bien la patte du musée), les modèles sont nombreux et exposés a porté de main, un choix courageux et essentiel quand il s'agit d'apprécier la matière des vêtements présentés.
Par contre, cette fois-ci, j'ai trouvé que l'on manquait un peu d'explications, surtout sur le début de l'exposition. J'ai bien compris que la juxtaposition de certaines pièces devaient faire ressortir un sens stylistique commun au-delà des mots mais je n'ai pas toujours réussi à mettre le doigt dessus. Les seuls cartels présents étant des biographies des couturiers auteurs des tenues, ils ne m'ont pas été d'une grande aide. Après je commençai à être fatiguée au bout de deux bonnes heures dans le musée et ça n'a sans doute pas aidé.

Photo : © Caroline Chenu

Photo : © Caroline Chenu

Musée de l'histoire de l'immigration

Palais de la Porte Dorée

293 Avenue Daumesnil, 75012 Paris
Fashion Mix - jusqu'au 31 mai 2015

Pour aller plus loin, ou si vous n'avez pas l'occasion de venir sur Paris prochainement, le site du musée est extrêmement bien fait et répertorie de nombreuses histoires de migrants sous forme de documents visuels et auditifs, un vrai travail de documentation dans lequel il y a matière à naviguer des heures entières.

lundi 27 avril 2015

Carnet d'Islande : jour 12, 17 mars 2015

Les articles à propos du voyage en Islande sont extrait de mon journal de voyage écrit sur place au jour le jour. Il est donc probable que le style, ainsi que les informations et les opinions que je donne, varient et se contredisent en fonction des découvertes et de la fatigue du jour concerné. Merci d'avance de votre indulgence.

C'est la Saint Patrick et je n'ai rien de vert à me mettre...
Mais à part ça, direction Sauðárkrókur via la péninsule. Les paysages sont beaux mais nous sommes un peu dans les choux sans raison apparente et je n'ai pas l'impression d'en profiter vraiment.

Du coup j'ai pris très peu de photos.

 Qui dit passer par la péninsule dit longer la mer, aujourd'hui elle est bleue grise.

Sur cette portion de route, plusieurs longs tunnels sont creusés à même la roche et traversent les montagnes, avec la place pour une voiture et demie et des congères de glaces qui jaillissent parfois des parois, c'est n'est pas la route la plus rassurante d'Islande.

Nous faisons un arrêt à Siglufjörður où les maisons colorées se chargent de me réveiller enfin. Nous n'osons pas téléphoner pour faire ouvrir le musée de la musique folklorique juste pour nous mais nous prenons note du festival qui a lieu tout les ans (en juillet) dans la ville.

La ville, placée sur une bande étroite entre la mer et la montagne,

contraste agréablement par ses bâtiments peints de couleurs vives, avec la nature environnante.

 Elle est visiblement en pleine expansion mais, pour palier à l'étroitesse de la bande de terrain plane
sur laquelle elle est bâtie, c'est sur pilotis que sont installées les nouvelles constructions.
 Car il parait évident que la montagne interdit toute extension dans l'autre direction.

 Dans le centre ville, qui est aussi le port, demeurent de nombreuses maisons anciennes,
notamment celle au premier plan qui est à moitié bâtie en tourbe.

Nous reprenons la route et faisons une halte pique-nique au bord d'une jolie baie. Là nous nous rendons malheureusement compte que la voiture de location à un souci : la petite pièce en plastique qui maintient normalement le phare en place a cassé et celui-ci s'est déplacé, déformant l'aile, faisant sauter la peinture et se brisant en partie dans l’opération. Pour le coup c'est un peu la panique et nous nous mettons, moi à calculer le coût d'une éventuelle réparation à nos frais, Amaël à remettre en doute sa conduite. De fait, nous ne voyons donc pas grand chose du trajet jusqu’à Hofsós.

 Afin d'être bien repérables, les phares islandais sont peints en orange vif.

Vous ai-je dit qu'il s'agissait d'un road trip ?

Petite pause à la pointe de la péninsule, pour la vue sur une île-plateau non loin au large.


Au final j'arrive à lâcher du lest car rien de ce que nous n'ayons fait avec la voiture n'a pu provoquer cette casse donc rien de ce que nous aurions pu faire ne l'aurait évité (en gros c'est dû à l'usure normale du véhicule et on n'y peut rien). Du coup advienne que pourra...
Nous poussons jusqu’à Hólar pour admirer la cathédrale puis nous arrivons assez tôt à Sauðárkrókur.

La cathédrale de Hólar, nichée au fond d'une vallée, entourée, entre autres d'une source sacrée.

 La fin de la route est vraiment très belle, et le beau temps est avec nous,
mon moral commence à remonter.

Ce n'est pas parce que je ne vous montre pas des photos de chevaux en permanence que l'on n'en croise pas,
en fait il y en a vraiment un peu partout.

 La statue du batelier Jón Ósmann, le dernier qui œuvra dans la baie menant à Sauðárkrókur
avant la construction du premier des deux ponts qui coupent le fjörd.

L'endroit est beau, le vent est tombé, nous restons un petit moment de ce côté pour profiter du soleil.


Nous avons le temps d'une petite balade dans la ville avant de nous rendre au restaurant. Nous avons prévu de rester éveillés tard pour tenter de voir les aurores boréales car c'est semble-t-il notre meilleure chance d'en observer depuis notre arrivée.

Nous logeons pour l'occasion dans le plus ancien hôtel encore en fonction en Islande
et c'est une très bonne pioche.

 La chambre meublée à l'ancienne est chaleureuse, agréable et confortable.

 Et il y a un bain naturel pavé de pierre dans la cours arrière de l'hôtel.

Ici aussi les fresques murales sont présentes, une épée viking et une crosse d’Évêque
brillent sous la lune peinte sur cet entrepôt.

En montant en haut du village pour avoir une vue globale, on tombe sur...

...le cimetière.

Quand à savoir pourquoi il y a une cloche à sa porte, j'avoue mon ignorance,
mais les morts ont une belle vue sur la mer autant que sur la montagne.

Douce redescente vers le village.

 Une balade qui se finit dans un bon restaurant est une belle balade non ?

En sortant du restaurant, changement de programme. L'activité estimée des aurores boréales est entre temps passée à son maximum et, alors qu'il ne fait pas encore nuit, on aperçoit déjà des lueurs vertes dans le ciel. Direction l'autre coté de la baie, l'aire du Ferryman ou nous nous étions déjà arrêtés à l'aller. L'endroit est parfait pour l'observation et je me bricole même de quoi prendre quelques photos grâce à quelques roches et une table de pique-nique.

Voila, les fameuses aurores c'est ce genre de lueurs,
celles-ci sont animées d'un mouvement continu et apparaissent simultanément de tous les côtés du ciel visible.

 Et oui c'est effectivement très beau.

Là ce n'est plus la statue du batelier, mais c'est bien nous qui posons devant l'aurore,
grâce à la magie du retardateur, la photo la plus magique de mon séjour.

Nous rentrons au bout d'une heure (l'aurore est finie) à l’hôtel pour profiter du hot tub pavé de pierre qui se trouve dans le jardin. Mais au bout de 3/4 d'heure, alors que je m’apprête à en sortir pour aller me coucher, c'est une nouvelle aurore boréale qui envahi le ciel (le phénomène occupe la totalité du ciel visible, à ma grande surprise). Je suis donc restée un peu plus longtemps debout pour l'observer, du fond de l'eau chauffée a 38°C. OK la journée ne s'est pas si mal finie.

mercredi 22 avril 2015

Alphabet costumé : B comme.... Bassiste

Pour le B de l'alphabet costumé, j'ai décidé de ressortir mes habits de rockeuse et ma basse qui s'ennuie sans doute au fond de son étui, la pauvre.
N'étant "que" chanteuse, on m'a mis un peu la pression à une période pour que je me mette à un "vrai" instrument puisque pendant les concerts je ne faisais rien de mes mains. Las, si j'aime la basse en général et la mienne en particulier (qui a un très beau son rond et une esthétique top) je n'ai jamais eu la discipline suffisante pour devenir une bassiste correcte (en faisant des gammes tout ça tout ça).
Je la garde quand même parce que je l'aime et que je ne désespère pas de m'y remettre un jour, si tout à coup la motivation me venait.
Pour le reste du costume, j'adore ce jean avec ses boucles aux genoux (que je traine depuis le lycée), mon T-shirt est une référence à Fabrice, bassiste d'Evil One malheureusement décédé il y a quelques années, quelqu'un d'adorable que j'appréciais beaucoup. Et les chaussures au drapeau du Royaume Uni sont bien sûr une référence à l'Anglais, le bassiste de iO.




mardi 21 avril 2015

Carnet d'Islande : jour 11, 16 mars 2015

Les articles à propos du voyage en Islande sont extrait de mon journal de voyage écrit sur place au jour le jour. Il est donc probable que le style, ainsi que les informations et les opinions que je donne, varient et se contredisent en fonction des découvertes et de la fatigue du jour concerné. Merci d'avance de votre indulgence.

Début de journée à Húsavik. Nous décidons de profiter de la ville qui nous plait bien à tout les deux. Nous ne nous attendions pas à pouvoir observer les baleines mais on nous assuré hier que c’était possible, la saison venant d'ouvrir. Sauf qu'il y a trop de vent donc les bateaux ne sortent pas aujourd'hui.

Húsavík est la "capitale" de l'observation de baleine en Islande,
ses compagnies affichent des taux de réussite de 98%.


Les bateaux permettant de pratiquer cette activités sont donc nombreux et de style très variés.

En dehors de ça la ville plutôt charmante est dominée par une très belle église ancienne (1907)

Bon soit, je veux voir le musée de la baleine et Amaël la maison de la culture de la ville. Pour le coup il a d'ailleurs plus de nez que moi car si le musée des baleines est intéressant, l'exposition sur le mode de vie des islandais avant le 20ème siècle que l'on trouve à la maison de la culture est une mine d'or d'informations superbement scénographié. Sans doute la seule exposition depuis le début du voyage dans laquelle je lis la totalité des cartels (en général en anglais au bout d'un moment je sature). J'y comprends enfin que, si il semble y avoir un trou dans l'histoire islandaise entre les vikings et le 18ème siècle, c'est tout simplement parce que ses habitants étaient bien trop occupés à survivre en autarcie pour faire quoi que ce soit d'autre. Je suis peut-être longue à la détente sur ce coup là mais c'est vrai que c'est difficile envisager pour quelqu'un d'origine française, ayant toujours vécu dans un pays qui, par sa situation géographique au cœur de l’Europe et au carrefour des routes commerciales, n'a jamais eu à s'auto-suffire. Il n'y a pas eu de période dans l'histoire de France ou chacun des habitants devait produire la totalité de ses consommables (nourriture, habilement, outils..), du moins à ma connaissance. Or en Islande ça a été le cas pendant pratiquement 8 siècles ! Et quand on apprend qu'une des bases de l'alimentation était un lichen (ou islandic moss) mangé en porridge, on se doute bien qu'il ne s'agissait d'un mode de vie ni simple, ni facile. Ainsi, concentrés sur leur survie dans un pays qui ne fait pas de cadeau, les islandais n'ont pas vraiment eu le temps d'inventer de nouvelles techniques, de mener des études scientifiques ou de produire artistiquement pendant 8 siècles. Ou plutôt si, ils l'ont fait, mais c'est resté confidentiel du fait de leur isolement. Ce sont ces œuvres d'art, ces études et ces techniques menées discrètement par des hommes et des femmes islandaises qui sont d'ailleurs exposé là, au milieu des explications et des riches témoignages de leurs vies. Bref, si vous vous rendez en Islande, ne ratez pas cette exposition, parce qu'on n'est quand même pas la que pour les paysages que diable !

Le musée de la baleine est abrité par un ancien entrepôt sur le port, redécoré pour son nouvel usage.

L'espace enfant est une référence aux Beatles, j'étais obligée de prendre la photo pour en ramener
la preuve à ma pianiste favorite qui est une grande fan.

Voici les "petits" squelette de baleine abrité par le musée, 
on vous explique même comment les os sont nettoyés.

Une mâchoire de baleine bleue sculptée, extérieure...

et intérieure.

La maison de la culture et son exposition explorant les rapport de l'homme et de la nature.

Que cela soit quand il la classifie.

Quand il l'observe.

Ou quand il la transforme pour son usage.
Ici des bijoux fabriqués en cheveux.

Les salles de classe sont partout les mêmes...

La faune locale n'est pas que accueillante...

Outils pour le bois et la corne.

La création de tissus et l'habillement, du plus simple au plus raffiné.

De la laine, toujours de la laine.

La musique et l'écriture ne sont pas oubliés.

Après cette matinée culturelle et un arrêt sandwich, direction Akureyri, la grande ville du nord, en passant par Goðafoss. Oui, c'est encore une chute d'eau, celle dans laquelle furent jetées les statuettes des dieux nordiques après la christianisation de l'Islande, rien que ça.

Tout lieu touriste a son hotel, la vue de celui-ci vaut sans doute plutôt le détour.

Pas la chute d'eau la plus impressionnante qu'on ait vu mais le superbe soleil lui fait plutôt honneur.

De l'autre côté, la gorge et les remous continuent.

Je pensais presque que nous aurions un arc-en-cascade mais non.

Rien que des nuances infinies de blanc et de doré.

Et on reprends la route !

Entre les collines,

Et les rivières qui se dégèlent.

Un mille-feuilles de couleur ! (ça faisait longtemps non ?)

L'arrivée à Akureyri est grandiose.

Avec un beau temps qui, une fois n'est pas coutume, s'est presque maintenu toute la journée.

Au final nous arrivons à Akureyi sans encombre, nous avons même le temps de faire une petite visite de la ville qui n'est clairement pas la plus belle d'Islande.

Des fresques murales ici aussi, ce n'est pas que Reykjavik qui est concerné mais plutôt toute
l'Islande qui dessine sur les murs de ses villes, et on ne va clairement pas se plaindre.

La ville n'est pas très belle, mais j'ai quand même photographié ses rues les plus présentables.

Situées notamment du côté de la vieille ville.

Nous dinons au Bautinn de soupe et de salade pour moi, de saumon pour Amaël (oui on en a marre des burgers-frites). Puis nous passons une heure à la piscine de la ville où nous sommes les seuls touristes : toboggan d'eaux, hot tub, constatation que la jeunesse locale fait du tuning et dodo...