mercredi 22 octobre 2014

New York Melody

La semaine dernière, je n'étais pas au top de ma forme morale, je ne saurai pas en déterminer la raison, je pense que comme beaucoup de personne, c'est quelque chose "qui m'arrive" c'est tout.
Abandonné un soir par mon mari pour cause d'organisation de Carambal en cours (monsieur est dans l'association), j'ai décidé de m'offrir du fond de mon lit une petite séance de rattrapage d'un des nombreux films que j'ai eu envie d'aller voir au cinéma avant d'y renoncer par manque de temps, d'argent, de motivation, etc.
J'ai donc regardé New York Melody, et grand bien m'en a pris.
Le film nous raconte la rencontre de deux personnages en rupture avec leur vie : Gretta, une anglaise qui a débarqué dans la grosse pomme pour y accompagner son musicien de petit copain qui venait d'y signer un contrat, et qui s'est vue se faire larguer pour une attachée de presse, s’apprête à rentrer chez elle la queue entre les jambe ; Dan, un producteur célèbre et célébré 15 ans auparavant mais qui a sombré : alcoolique, dépressif et ... chômeur puisqu'il vient de se faire virer de la boite qu'il avait lui-même créé. Et puis Dan va entendre chanter Gretta, c'est là que l'aventure commence.
Oui je sais, on dirait le pitch d'une comédie romantique sauf que ... ben non, je vous spoile mais tant pis, il n'y aura pas d'histoire d'amour entre les personnages principaux, juste une belle amitié et un fantastique projet à quatre mains. Et mon dieu ça fait tellement du biennnnnnnn !
Tout le film est construit autour de la musique et c'est elle qui est réellement le personnage principal, c'est d'elle dont les personnages sont amoureux. L'intransigeance de Gretta à ce sujet, si elle est naïve, est une vrai bouffée d'air frais que, en tant que musicienne, je n'ai pu qu'apprécier. En fait, lorsque l'on est musicien on arrive forcément un jour à se demander si on voudrait en faire son métier. Sauf qu'on se pose rarement la question de la bonne manière dans le sens ou on oublie vite qu'être professionnel c'est devoir vendre, et que l'industrie du disque considère que pour vendre, il faut plaire au public et s'adapter à lui jusqu'à parfois, se trouver à cent lieues de la musique que l'on avait réellement envie de faire. C'est pour cette raison que je n'ai jamais envisagé de devenir professionnelle, ce n'est pas par modestie, ou peur de ne pas réussir (les chanteurs ont un égo surdimensionné, je n’échappe pas à la règle), c'est par amour de la musique et par égoïsme parce que je n'ai juste pas envie de me plier aux exigences du marketing et de risquer de perdre ce qui me fait aimer chanter.
Le fait que les questions qui sont abordés dans le film je me les sois un jour posée en tant que musicienne cela à sans doute aidé à mon enthousiasme à son égard, il n’empêche que c'est un vrai bon film et que si vous aimez la musique, vous aimerez. Heureusement d'ailleurs, les morceaux prêté à Gretta m'ont semblé vraiment bien composés et originaux, il est évident que sans une BO au niveau, le film n'aurai pas tenu la route et se serai dégonflé comme un soufflé raté. Aller un petit exemple...

mardi 14 octobre 2014

Le musée Gustave Moreau

Gustave Moreau est un peintre que j'adore, mais je ne savais même pas qu'il avait son musée dédié à Paris avant que mon cousin Vincent ne m'en parle. Heureusement pour moi il l'a fait et je me suis rendue la semaine dernière à ce "musée caché" en compagnie de Dame Léo (qui a été plus rapide que moi à écrire un billet sur le sujet d'ailleurs) et de miss Coco.

Le premier étage est un genre de "musée personnel" de l'artiste, regroupant ses meubles de famille et acquisitions. 

 S'il parait au départ anecdotique, il révèle en fait beaucoup de la personnalité de l'artiste,

et des influences qu'il a subi.

On arrive au second étage dans un atelier immense et clair, 
devant un escalier qui est une pièce de bravoure à lui tout seul, 

pour y découvrir une très belle salle d'exposition.


Dés le rez-de-chaussée, un encart vous apprends que le musée à été pensé et créé par l'artiste lui-même sur la fin de sa vie, dans le but d'éviter la dispersion de son oeuvre. Il l'a donc légué à l'État un musée clef en main à sa mort en 1898. La réticence de l'État à accepter le don en question et à ouvrir les portes du musée ensuite, qui se sont traduits par une ouverture quelques 5 ans plus tard en 1903, montre que le peintre se croyait sans doute plus célèbre qu'il ne l'était réellement auprès de ses contemporains. Cela dit, si on peut lui reprocher d'avoir eu la grosse tête, force est de constater qu'il avait sans doute un peu raison. Les peintures de Gustave Moreau sont aussi singulières qu'elles sont extraordinaires.

 Les muses quittent Apollon, leur père, pour aller éclairer le monde (détail), 1868

 L'apparition (détail), 1874

Hélène glorifiée, 1896

Le triomphe d'Alexandre le grand (détail), 1890

On dit souvent d'un artiste qu'il est plus dessinateur ou plus peintre. On désigne par cela une affinité au trait ou à la couleur. Le premier réflexe devant les tableaux de Gustave Moreau c'est de le classer dans les dessinateurs, notamment lorsque l'on voit les très belles esquisses préparatoires en grand format présentés au musée (au premier étage, très chichement éclairé et que je n'ai donc pas pu prendre en photos, désolée). Et pourtant, lorsque l'on se plonge un peu plus dans son oeuvre on se rends compte que, non content d'être à la fois un peu l'un et un peu l'autre, l'artiste n'a jamais réussi, ni à choisir entre ces deux extrêmes, ni réellement à les concilier. Ainsi ses oeuvres naviguent entre soin méticuleux donné au trait et concentration sur le jeu des couleurs, à tel point que très peu d'entre elles donnent l'impression d'être finies. Ici les couleurs du ciels seront superbes mais les traits du visage à peine esquissés alors que là les bijoux seront parfaitement dessiné sur un fond de couleurs pas vraiment définies. Pour les même raisons on voit souvent cohabiter sur le même tableau des corps modelés de manière très classique, donnant une vraie illusion de volume, et des bijoux dessinés à plat, comme plaqués sur la toile. Cette association de 2D et de 3D que l'on retrouvera un peu plus tard chez Klimt notamment, me semble être un aspect marquant de son oeuvre.

Jupiter et Sélémé (1895)

Jupiter et Sélémé, détail (1895)

Une autre chose dont qu'il me semble important d'évoquer à propos du travail de Gustave Moreau, ce sont les thématiques qu'il aborde. Exotisme, mythologie antique ou biblique, mort et surtout femmes, des femmes glorifiées, ambivalentes ou pures mais desquelles provient souvent toute la lumière présente dans les tableaux, reflétée par leurs peaux d'une pâleur tranchante. Dans ces thèmes, le peintre se rapproche à la fois des préraphaélites et des romantiques tout en arrivant trop tard pour faire parti de l'un ou de l'autre de ces mouvements. Dans son époque qui voit l'éclosion des impressionnistes, Gustave Moreau semble anachronique, un avatar du XIXème siècle finissant alors que le XXème siècle galope déjà dans l'art, un peintre dont toute l’œuvre pointe vers une direction picturale vers laquelle personne n'a semblé vouloir s'engager à sa suite, même si, selon moi, c'est bien dommage.

lundi 13 octobre 2014

Îles du sud Bretagne en danger

Je me rends compte que je vous ai assez peu parlé de ma Bretagne, souvent je me suis contentée d'une photo ou deux pour vous dire "Je pars en vacances à bientôt", et même si j'ai évoqué mon escapade à Bréhat, je n'ai jamais abordé ce que j'appelle vraiment ma Bretagne au fond de mon cœur. Je n'ai pas décrit Erquy, ni Groix, ces endroits où je me sens chez moi.
Erquy, c'est là où mes parents habitent, là où je me suis mariée, j'en connais la côte et la lande comme le bout de mes doigts et j'en apprécie l'air plus que n'importe quel autre. Groix c'est là où nous nous sommes réfugiés les quelques jours qui ont suivit notre mariage, là où les amis vous accueillent à bras ouverts, la musique et le vin sur la table, là où je prends tellement le temps de me détendre que je n'ai pas encore réussi à faire le tour de l'île, trop sportif.
Sauf que ces deux endroits ont des problèmes, et que comme ce sont des lieux que j'aime, leurs problèmes me touchent plus que ne le ferai ceux de la ville ou j'habite. Si je ne vous en ai pas parlé, c'est donc sans doute à la fois pour garder mon jardin secret et pour ne pas avoir à vous parler de ce qui le menace.
Mais là, il faut que je vous parle de Groix.
Groix est une île, que l'on peut rallier à partir de Lorient en 45 min de bateau. Comme toute les îles du Morbihan, elle est desservie exclusivement par la Compagnie Océane, une filiale du groupe Véolia. Il s'agit d'une prestation qui relève du service public et est donc déléguée par le conseil général du Morbihan.
Or, il ce qui se passe actuellement c'est que la compagnie Océane à décidé, non seulement de diminuer le nombre de bateaux desservant ces îles mais aussi d'augmenter ses prix de façon plutôt dramatique. En effet la nouvelle proposition de tarifs voit à la fois la suppression de tarifs préférentiels jusque là mis en place, notamment pour les résident secondaires et pour les enfants de résidents, mais aussi une augmentation de plus de 200% des tarifs concernant le passage des camions de marchandise. Il est évident que cette augmentation sera répercutée sur les prix de vente, je vous laisse imaginer l'impact sur la vie des îliens qui verrons sans doute doubler le coût de toutes les denrées disponibles sur leur île, en même temps qu'ils verront les revenus crées par le tourisme diminuer (puisque le billet "morbihannais" est également supprimé et le prix du billet classique augmente lui à 38 euros par tête en week-end). Autant dire que ces mesures mettent réellement en danger la vie économique des îles et par là même la possibilité pour les îliens de demeurer résidents à l'année.
Pour contrer cette mort programmée, je vous invite à signer la pétition (-> ici) et à vous joindre aux manifestations si vous en avez l'envie et la possibilité.
Il est évident que le conseil général peut agir, et ceci de plusieurs manières car il s'agit d'un service public "prêté" à Véolia, il peut encadrer les tarifs (option de gauche), changer de prestataire, ou ouvrir ces transports à la concurrence (option de droite) mais il ne peut pas laisser une compagnie utiliser le monopole qu'il lui a offert pour s'en mettre plein les poches au détriment des citoyens, pas si nous avons notre mot à dire.
Voila,
pour finir de manière plus positive, quelques photos de Groix telle que je la connais et que je l'aime...






dimanche 12 octobre 2014

Un petit faire-part pour la naissance de Lisa

J'arrive à un âge où mon entourage commence sévèrement à se remplir de bébés en bas âge. Me sachant graphiste, il arrive que mes amis-jeunes-parents fassent appel à moi pour les faire-parts de naissance de leurs nouveaux nés.
C'est ce qu'on fait Patrick et Laetitia avant même la naissance de leur petite Lisa. En plus de la mise en page photo-texte qui ne me pose aucun souci, puisse qu’après tout c'est quand même comme ça que je gagne ma vie, ils auraient voulu que je leur propose une illustration pour la couverture. Et je dois dire que l'illustration en revanche, ne fait pas du tout partie de ce que j'estime être ma zone de confort. J'ai donc accepté tout en sachant que ce serai un challenge pour moi.
Après discussion nous avons décidé d'utiliser des couleurs douces, "fille" mais pas trop et de nous rapprocher d'un style d'illustration à la Ernest et Célestine dont la maman est une grande fan. Comme les parents sont musiciens tout les deux, monsieur au oud et madame à la harpe, et qu'ils ne voulaient pas figurer personnifiés sur l'illustration, nous avons choisi de remplacer leurs présences corporelles par celles de leurs instruments, seul le chat de la maison, Gandalf, veillant en personne sur le couffin de la petite dame. Le tout repose sur un parquet de danse, danse qui est aussi une part importante de la vie des jeunes parents. 
J'ai donc travaillé tout ces éléments en dissocié et, si c'était assez simple pour les instruments...


c'était une vrai galère en ce qui concernait le chat.




Mais après de nombreux tâtonnement, j'ai fini par me sentir assez sûre de moi pour associer tout ces éléments ensemble...


... et, après approbation des commanditaires sur cette base, j'ai utilisé l'aquarelle pour coloriser tout en douceur mon dessin.
Voici donc le résultat qui fait la couverture du faire-part de la petite Lisa,


Ainsi que l'intérieur, mis en page avec les très jolies photos de Julien Wieser (qui fut aussi le photographe de mon mariage, mais je reviendrai sur son travail dans un autre article).


mardi 7 octobre 2014

Sin City, j'ai tué pour elle

Sin City fait sans doute parti des films qui m'ont mis parmi mes plus grosse claques cinématographiques. Je me souviens encore quand je l'ai vu au cinéma à sa sortie à quel point il m'avait pris à la gorge. Il faut dire que c'était quand même quelque chose pour l'époque, que ce soit visuellement ou scénaristiquement, on avait rarement vu un tel jusqu'au-boutisme sortir au cinéma à grande échelle.
Du coup, bien sûr, j'attendais sa suite avec impatience et j'étais plutôt excitée en m'installant dans la salle de cinéma dimanche soir.
Sauf que, bah non. Je n'ai absolument pas ressenti la même chose que devant le volume 1 même si je m'explique difficilement pourquoi.
Est-ce que c'est le contexte ? il est vrai que le cinéma à beaucoup évolué depuis 2005 et le concept visuel du film n'est plus une nouveauté, même si j'ai quand même du mal à croire que l'impact du premier opus se limitait à ça.
Est-ce que c'est le manque de profondeur des personnages ? Les acteurs ont beau être bon, les personnages m'ont donné l'impression d'être monolithiques et creux, même ceux qui dans le premier opus m'avait laissé un souvenir fort. Marv par exemple, n'est plus qu'un outil, un genre de tank dont les autres personnages usent à leur guise. De fait je n'ai pas réussi à ressentir la moindre empathie pour les protagonistes, et leurs vies, ou leurs morts, m'ont laissé indifférente.
Est-ce que c'est le changement dans l'univers visuel ? Celui-ci est subtil mais présent, la photographie est plus léchée, moins contrastée que dans le premier film, on y voit beaucoup plus de gris, et les touches de couleurs semblent à la fois plus nombreuses et plus aléatoires.
Est-ce que c'est le scénario ? Aucun rebondissement ne m'a surprise, (enfin si, seule une décision d'un des personnages m'a prise au dépourvu, c'est peu). J'ai quasiment tout vu venir, à tel point que j'ai glissé doucement mais sûrement vers un ennui poli.
Est-ce que c'est la "morale"? Les notions de bien et de mal, très brouillées dans le premier opus, m'ont semblé ici claires comme de l'eau de roche, à part Marv et Gail qui resteront toujours à la frontière, le reste des personnages est très clairement distribué soit dans le camp des gentils, soit dans celui des méchants et on perd ce frisson qu'on gagnait à développer de l'affection pour un personnage, certe moins mauvais que les autres, mais clairement pas tout à fait bon non plus.
Bref, je suis dure avec ce film parce que je suis déçue, et parce que j'en attendais beaucoup. Mais il n'est probablement pas si mauvais que ça et plaira sans doute à des tas de gens qui ne l'attendaient pas avec autant d'impatience que moi (il y en a bien qui aiment la prélogie Star Wars hein...). Simplement il ne vaut pas, et de loin, le premier Sin City et, de mon côté, je n'irai sans doute pas voir le suivant au cinéma (prévu en 2017, maintenant que la machine est lancée, qui sait quand elle s'arrêtera). Je visionnerai plutôt à nouveau mon DVD du premier opus du fond de mon canapé avec une brassée de pop corn maison, au prix du cinéma, ça me fera des économies.

mercredi 1 octobre 2014

Une bonne épouse indienne

Voici le dernier livre que j'ai lu, on me l'avait offert en cadeau de mariage, et je peux dire qu'il m'a déconcertée. En effet je crois que c'est la première fois qu'un livre me plait alors que je n'aime pas une partie des personnages qui le peuplent. Enfin pour être précise, ce n'est pas tant que je ne les aime pas, c'est qu'ils m'agacent prodigieusement.
Neel (en fait c'est Suneel) s'est installé aux États Unis après y avoir réussi ses études de médecine. La seule chose qui, selon lui, lui manque pour avoir réussi sa vie, c'est de se marier avec une belle américaine, éduquée, avec un bon travail et blonde de préférence afin de parfaire sa réussite sociale. Lorsque le roman débute, il apprends que son grand-père est gravement malade et le réclame à son chevet. Il se rends donc en Inde et revient... avec une femme dans ses bagages.
Soyons clair, Neel a été mon problème principal dans ce livre, parce que j'ai juste trouvé que c'était un connard (j'aurais aimé éviter la vulgarité mais je ne trouve pas d'autre mot). Effectivement il se fait piéger par sa famille et à sa place on ne serait pas non plus au septième ciel mais je n'ai trouvé aucune excuse à la façon dont il traite sa malheureuse épousée. En fait il se contente tout bêtement de l'abandonner et de l'ignorer la moitié du temps, et jamais, au grand jamais il ne lui explique, à elle qui ne sait pas qu'il a été forcé de l'épouser, qu'il ne voulait pas de ce mariage, se contentant de croire que s'il la délaisse suffisamment elle va finir par comprendre. C'est un grand lâche quoi.
Donc pourquoi, alors que j'ai passé la quasi totalité de ma lecture à vouloir étrangler le personnage principal, ai-je apprécié ce livre ? À vrai dire je n'ai pas trop de réponse.
Déjà je peux dire qu'il est bien écrit, et qu'à sa manière, il tient en haleine. Ensuite je pense qu'en fait j'ai fini par prendre en pitié ses personnages, oui même Neel, parce qu'ils sont tellement prisonniers de leur culture que j'en avais de la peine pour eux, et qu'en même temps j'en suis venue à me demander si il n'en était pas de même pour nous tous, sans que nous en ayons conscience. Leila (l'épouse en question) est intéressante en cela car, changeant tout juste de pays, elle a conscience qu'elle doit s'adapter à une culture différente de la sienne et elle donne l'impression de décortiquer mentalement son propre comportement, choisissant au fur et à mesure les réflexes culturels qu'elle décide de conserver et ceux qu'elle choisi de supprimer parmi ceux lui venant de son pays d'origine. Pour moi c'est donc un personnage que l'on peut légitimement l'admirer pour sa clairvoyance, que l'on soit d'accord ou pas avec les choix qu'elle fait. À l'opposé de ce comportement, Neel pense s'être americanisé au maximum mais on se rend compte assez vite que ce n'est qu'une apparence. Il ne suffit pas de manger du bœuf pour échapper à l'Inde et son ambition à vouloir s’élever dans la hiérarchie sociale par le mariage est assez symptomatique de ce qu'il a conservé de sa culture originelle sans s'en rendre compte. Ça ne l'empêche pas d'être une tête à claque, mais son aveuglement le rendrait presque sympathique, suffisamment en tout cas, pour ne pas refermer le livre de rage. Non, on se dit que grâce à son épouse qui elle, regarde la vérité en face, il finira sans doute par ouvrir les yeux. C'est sans doute cet espoir que le personnage puisse s'améliorer, qui m'a fait lire ce roman jusqu'au bout.

"E.T. ? Depuis quand les chats sont-ils des extraterrestres ?
- Son vrai nom c'est Elisabeth Taylor [...] Regardez, elle a un oeil bleu et l'autre vert. Et comme tout le monde la trouvait affreuse, je lui ai donné le nom d'une belle femme."

lundi 29 septembre 2014

Buffy contre les vampires

Je me suis offert il y a peu, l'intégrale de la série Buffy contre les Vampires. Diffusée de 1999 à 2004 en France, au sein de la trilogie du samedi, c'est peu dire que d'affirmer qu'elle a bercé mon adolescence. J'ai juste adoré cette série. J'ai profité du fait qu'Amaël n'en avait jamais vu un seul épisode pour le convaincre de les regarder avec moi et heureusement pour moi il a bien accroché ! 
Je sors donc de quelques mois de visionnage intensifs et je vais en profiter pour vous en reparler pendant que les sept saisons sont encore toutes fraîches dans ma mémoire.

Attention cet article comporte des spoilers, si vous n'avez par vu la série et comptez la voir, n'allez pas plus loin.


Saison 1
La saison fondatrice, qui voit la mise en place de l'équipe de personnages et de l'ambiance de la série. La première saison est assez "légère" par rapport à celles qui suivront car les personnages n'y sont pas vraiment confrontés à des choix cruciaux. Ils sont au début du lycée et leur vie se base avant tout sur les sorties, les histoires de coeur et les cours que l'on sèche ou non. Cela dit l'ambiance d'un lycée dans les années 90 est admirablement bien captée et la série ne se permet jamais de faire l'impasse sur le mal être adolescent. Au contraire, celui-ci est un des principaux ressort des intrigues et les éléments fantastique qui apparaissent dans les épisodes ne semblent être là que pour mettre en exergue tel ou tel tourment typique du lycéen moyen. Que ce soit l'angoisse de trouver un petit ami (Moloch, Angel), de perdre sa virginité (Le chouchou du prof), la popularité (Portée disparue), la compétition pour celle-ci (Sortilèges), les persécutions qu'on en soit bourreau ou victime (Les Hyènes), la première saison est un catalogue des préoccupations adolescentes. Et on touche là à ce qui fait et fera la force de la série dans les saisons à venir, au-delà des personnages attachants et des dialogues ciselés, l'utilisation du fantastique pour parler des problème de la "vraie vie" et les exorciser comme d'un coup de pieux dans le coeur. 



Saison 2
Ah Spike, Drusilla et Angelus, parmis mes méchant préféré toutes saisons confondues je l'avoue. Autant passé la saison 1, le gentil et torturé Angel m'ennuie un chouilla, autant Angelus en tant que méchant est une superbe réussite qui me met des frisson dans le dos. La saison 2 marque le passage du côté "adulte" de la sexualité pour une bonne partie de nos héros. De célibataires cherchant l'amour, les voici presque tous en couple, à l'instar de nos nouveaux "méchants". C'est même cette entrée dans la vie sexuelle de notre héroïne qui créera le plus grand changement de la saison, transformant son romantique amoureux en vampire sans âme. Même le flegmatique Gilles sera touché par cette vague de mise en couple, c'est dire.
On sent que dans cette seconde saison la série commence à prendre ses aises, si les épisodes sont individuellement moins marquants que dans la précédente, un fil rouge y est développé de façon plus visible qui amène l'intrigue dans une direction précise, jusqu'au climax final. C'est aussi la première saison à s'articuler en deux parties bien distinctes avec une première partie plus légère cloturée par un basculement d'intrigue en milieu de saison vers une fin plus sombre, processus que l'on retrouvera assez souvent dans les saisons suivantes.



Saison 3
Voila une saison qui divise en ajoutant à l'équipe un de ces personnages qu'on aime détester : Faith. De mon côté je n'ai jamais trop aimé la nouvelle tueuse, je suis dans l'équipe de Willow sur ce point, mon côté fille sage sans doute.
La saison 3 est celle de fin de lycée, celle des accomplissements, des incertitudes, des choix que l'on fait pour son avenir. C'est aussi la saison qui malmène les figures d'autorité, nos adolescents découvrant à la fois qu'on ne devient pas adulte d'un coup de baguette magique en quittant le lycée, mais aussi que les adultes ne sont pas forcément aussi fiable et solides qu'ils le pensaient. Être un adulte et une figure d'autorité (mère ou maire par exemple (huhu ^^)) ne protège nullement des erreurs de jugement, le sujet était déjà effleuré dans la saison précédente mais c'est dans cette saison 3 qu'il est réellement traité en détail.
À mon avis la saison 3 est sans doute une des meilleures de la série parce qu'elle arrive à rassembler en une fois ce qui fait la force des deux précédentes : on y trouve un bon fil rouge avec un méchant charismatique et ambigu ainsi qu'un retournement de situation en milieu de saison qui redistribue les forces en présence comme dans la saison 2, mais aussi de nombreux d'épisodes qui, considérés indépendamment, proposent des intrigues solides et originales, avec des vraies thématiques, comme dans la saison 1.



Saison 4
Soyons honnête, pas grand monde n'aime cette quatrième saison. Cela dit, si je l'avais vraiment détesté à l'époque où elle était passée à la télévision, je l'ai trouvée de meilleure qualité cette fois-ci, sans doute parce qu'en regardant tout les épisodes les un à la suite des autres, elle dégage une certaine cohérence générale. Cela dit elle souffre effectivement d'une relative faiblesse, comparativement aux autres, notamment à cause de l'organisation armée qui en est le sujet principal et qui, à mon sens, n'arrive jamais vraiment à s'intégrer dans l'univers de la série. Le fait que les personnages soient en recherche de repère constante dans cette saison en fait un objet instable, et c'est normal je pense qu'on y soit moins à l'aise, les repères d'autorités ont été brisés par la saison précédente sans renouvellement possible et les personnages peinent à communiquer entre eux, du coup forcément, on les apprécie moins et on se désengage un peu. Bref cette saison est déroutante pour le spectateur mais elle est cohérente et logique avec l'évolution de la série. Je trouve assez courageux de la part des créateurs d'avoir pris le risque de produire une saison moins solide pour conserver la cohérence de l'ensemble. Et puis avouons-le, l'épisode Silence de mort justifie à lui seul l'existence de cette saison si rien d'autre ne le fait (bon et j'aime aussi beaucoup le dernier épisode de la saison qui se passe après le combat final et où il est une nouvelle fois, question de Cauchemards).



Saison 5
Vous avez demandé une petite soeur insupportable, ne quittez pas, on vous la livre. Changement de décor pour notre personnage principal qui après la liberté et la solitude de la vie sur le campus, va revenir vivre chez sa mère. Cette saison marque le retour aux repères de base de la série : l'amitié, la famille. Nos personnages commencent vraiment à mettre les pieds dans la vie adulte et vont devoir se batailler avec ce que celle-ci a de plus réel. Bon et avec une déesse aussi. C'est sans doute la première fois de la série où notre héroïne se retrouve confrontée à des choses contre lesquelles elle est impuissante, on la sens vaciller sur ses certitudes et ses responsabilités, jusqu'à finir par les jeter aux orties. Pour moi si la fin de la saison la voit se sacrifier, c'est en effet à la fois pour tenir son rôle de tueuse en sauvant le monde et pour fuir les responsabilité de la vraie vie qu'elle n'arrive pas à assumer. Le fait que toute la saison tourne autour de la nature de la tueuse, qui, dans les plus anciennes générations était isolée de la société afin de mieux accomplir son devoir, viens appuyer cette idée qu'il lui est impossible de tout mener de front. Sa mission, l'empêchera toujours d'équilibrer sa vie.
À noter que cette saison comporte ce qui est pour moi l'épisode le plus déprimant de toute la série : Orphelines qui voit mourir Joyce (la mère de Buffy), c'est un épisode que je trouve remarquablement réussi, même si terriblement glauque.



Saison 6
Voila probablement ma saison préféré (avec la 3) parmi toutes celles de la série. Les raisons ? D'excellents méchants, Buffy qui couche avec Spike et une bordée d'épisodes-concepts : une comédie musicale (Que le spectacle commence !), tous les personnages qui perdent la mémoire (Tabula Rasa), une remise en question de la réalité même de la série (A la dérive), Buffy invisible (La femme invisible), le mariage de Alex et Anya (La corde au cou). Non seulement individuellement ces épisodes sont très bon, mais pour une fois ils servent quasiment tous le déroulement de la trame générale. Et ceci tout simplement parce que celle-ci est très très liée à la psychologie des personnages, notamment avec notre héroïne qui se bat contre une sévère dépression et Willow qui devient dépendante de la magie noire.
Les méchants de cette saison ne sont en aucun cas des monstres mais bien des humains. Ce sont les trois geek-looser du lycée qui prennent enfin leur revanche et concoctent des plans machiavéliques si bancals qu'ils feraient rire s'ils ne fonctionnaient pas si bien, tout en citant Star Wars et en jouant à Donjon&Dragon. Bref on a soudain des méchants si drôles qu'on oublie presque qu'ils sont dangereux et leur dégringolade vers le mal se teinte d'une légèreté glaçante qui donne à cette saison un ton très particulier, à la fois plus délirante et plus réaliste que les précédentes.



Saison 7
Je ne suis pas fan de la saison finale de Buffy, malgré une qualité certaine, je trouve qu'elle sent la fin de règne, sans doute était-il temps de s'arrêter. Son thème est plutôt intéressant puisqu'elle traite du pouvoir et de son partage, mais je trouve qu'il est, une fois n'est pas coutume, développé de façon maladroite et pas très subtile. Le plus choquant étant bien sûr l'intervention d'Angel en fin de saison qui amène à l'équipe un talisman dont personne n'avais entendu parler avant et qui va sauver tout le monde, nous offrant le premier et seul Deus ex machina de la série, mais qui, s'il est isolé, est si gros qu'il est vraiment gênant. Sincèrement j'avais envie de lui botter les fesses pour le renvoyer manu militari dans sa propre série. Ajoutez à cela que j'ai trouvé quasiment toutes les tueuses potentielles terriblement agaçantes, ça n'aide pas.
En soi je comprends le but poursuivi par cette dernière saison qui est d'amener l'histoire là où l'on pourra laisser partir les personnages en paix, tout en sachant que leur combat ne serait jamais vraiment fini, mais la manière dont ça été fait a selon moi manqué de maitrise et a fait conclure la série sur une note un peu amère.

Finalement, avec ses qualités et ses défauts, Buffy est une série qui est chère à mon coeur, je l'ai adorée la première fois que je l'ai vue, et en la revoyant aujourd'hui, je l'adore toujours. Et cela parce que malgré le fait qu'elle ai un peu vieilli, elle me semble avoir conservé ses qualités essentielles, qui sont un vrai propos de fond, des personnages attachants et évolutifs et un humour très personnel.
Et puis Buffy c'est un peu le Harry Potter de mon adolescence à moi, j'avais quasiment l'âge des personnages et leurs problèmes faisaient écho aux miens, devenant plus graves au fur et à mesure que nous prenions de l'âge, c'est un peu comme si nous avions grandit ensemble et qu'ils m'avaient aidé à dépasser mes peurs en dépassant les leurs.