jeudi 18 décembre 2014

Astérix - Le domaine des Dieux


J'ai pas mal hésité avant d'aller voir la nouvelle version des aventures de notre petit gauloix au cinéma. D'abord parce que je n'ai aimé aucune des adaptation de la série depuis Le Coup du menhir (qui date de 1989), ensuite parce que le film était tourné en animation 3D (si vous êtes un peu perdu sur la question de la 2D/3D/Film Live/Stop-motion il y a ce long article dont je suis assez fière). Si finalement j'y suis allée, c'est sur l'insistance de mon mari, qui est un grand fan d'Alexandre Astier et qui avait toute confiance dans les talents scénaristique de celui-ci, et aussi parce que la bande annonce m'avait quand même alléchée. Et bien je n'ai pas regretté, le film est drôle et réussi et s'il s'éloigne un peu de la BD originale, globalement il reste plutôt cohérent et s'inscrit bien dans l'univers développé par Goscinny et Uderzo.
Même si je n'en suis pas fan ) la base, je dois avouer que la 3D est ici une franche réussite, les animateurs n'ont pas cherché le réalisme et ont très bien réussi à reproduire la gestuelle particulière des personnages qui avait été développée dans les premiers opus. Le film est d'ailleurs remarquable dans le fait qu'il s'inscrit véritablement en continuité des précédents, et ce, malgré le temps qui les sépare (le premier animé date de 1967 tout de même). Il y est aidé notamment par la présence de la voix de Roger Carel, l'interprète historique du petit gaulois (malheureusement celui-ci vient d'annoncer sa retraite, à 87 ans tout de même, et si nouveau film il y a, Astérix devra se trouver une nouvelle voix). Il est agréable de voir que contrairement aux films "live", si on sent la touche des réalisateurs et notamment l'humour particulier d'Alexandre Astier, celle-ci ne vient pas vampiriser l'univers de la bande dessiné mais plutôt se mettre à son service. Tout les gens qui m'entourent semblent avoir adoré Mission Cléopatre et je me sens souvent bien seule à dire que je n'ai pas accroché, et que pour moi ce n'est pas un film d'Astérix mais plutôt un film "les humoristes font leur show". Dans Le Domaine des Dieux, peut-être grâce au fait qu'on est dans un film d'animation (il faut avouer que cela ne laisse guère de place à l'improvisation) la brochette de star de l'humour présent au casting vocal ne prends pas le dessus sur le scénario et l'univers mais se met au contraire à son service, et comme ils sont bon, le résultat est top.

mardi 16 décembre 2014

Deux liseuses, dont une brodée (broderie Glazig étape 3)

Je ne vous en ai pas parlé depuis les débuts du blog mais je n'ai pas cessé depuis lors de régulièrement coudre des liseuses (protège-livres), notamment pour les offrir en cadeau d'anniversaire. Mes deux dernières réalisations étant un peu particulière et m'ayant demandé plus de travail que d'habitude, j'ai eu envie de vous les présenter.
Tout d'abord, pour l'anniversaire de ma maman, j'ai confectionné une liseuse brodée. Je me suis basée pour cela sur un motif de broderie Glazig trouvé sur un catalogue que je m'étais résolue à acheter pour continuer à progresser dans le domaine.


Après avoir recopié le motif sur un lin fin, j'ai bâti celui-ci sur la laine de ma future liseuse et j'ai brodé mon motif (vu la couleurs de la laine choisie je n'ai pas pu utiliser de papier carbone pour décalquer le motif directement sur la laine, celui-ci n'aurait pas été visible).


Le problème c'est donc qu'une fois ma broderie terminée, j'ai du faire disparaitre le lin en découpant celui-ci tout autour des motifs avec de minuscule ciseaux et en tirant sur les fils restant pour les enlever. Ça n'a pas été une partie de plaisir et il va clairement falloir que je trouve une méthode différente pour la prochaine fois. Cela dit j'ai réussi à ne pas abîmer ma broderie et je trouve le résultat plutôt satisfaisant. Et en plus j'ai appris 3 nouveaux points de broderie pour l'occasion.



La deuxième liseuse, je l'ai confectionné pour le mari de Dame Léo, aussi surnommé l'Anglais. Partant de ça, c'est tout naturellement que j'ai choisi un drapeau du Royaume-Uni comme motif. Pas de broderie cette fois, mais des appliques de tissus, à la fois parce qu'à la base c'est ainsi que l'on fabrique les drapeaux historiquement parlant et parce que cela donne une impression un peu "brute" qui me plaisait bien. Là encore c'était une première pour moi d'utiliser cette technique, et j'avoue que j'en ai un peu sué. Cela dit le résultat est à la hauteur de mes attentes de j'en suis vraiment contente.




jeudi 11 décembre 2014

Philadelphia

Il y a parfois des films que je crois plus vieux qu'ils ne le sont réellement. C'est le cas de Philadelphia. Si vous m'aviez demandé, je vous aurais affirmé qu'il datait sans doute de la fin des années 80 (1987/1988), et bien non, je me serais bien trompée de 5, 6 ans puisqu'il date en fait de 1993. Les raisons de mon erreur ? 1) J'étais trop jeune pour m'intéresser au cinéma à l'époque donc je ne me souviens pas de sa sortie. 2) Tom Hanks y est très jeune. 3) Le film parle du SIDA, et surtout de la peur qu'on pouvait en avoir, peur que j'associe aux années 80, ayant été sensibilisée dés la primaire (donc dans les 90s) aux modes de contamination et à la façon de se protéger de la maladie.
Et puis je l'ai visionné et j'ai compris mon erreur. Le film ne parle pas réellement de la peur de la maladie, les personnages savent ce que c'est, comment ça se transmet et on soigne déjà les malades, certes pas comme aujourd'hui, mais ça commence et l'espérance de vie des personnes contaminées n'est plus de quelques mois mais de quelques années. Son véritable sujet c'est la peur des homosexuels et de la honte qu'on essaye de leur imposer, parce que s'ils sont malades, la société considère que c'est de leur faute, que, en gros, ils l'ont cherché avec leur mode de vue "dissolu", pire, elle considère que c'est de leur faute si le SIDA existe et se transmet aux "gens normaux" (par la transfusion). Un sujet pas simple mais bien traité grâce à au personnage joué par Denzel Washington qui, plein de préjugés, choisira de défendre le cas d'un homosexuel séropositif injustement licencié, d'abord par pitié et amour de la justice, puis par conviction. Si le film est très (trop) mélodramatique, remis dans le contexte très violent qu'il dépeint et qui ne doit pas se situer très loin de la réalité de l'époque, l'exaltation des sentiments se justifie et sonne plutôt juste. Il est intéressant aussi de se rendre compte de la différence notable dans la manière de faire un film en 1993 et aujourd'hui, notamment le fait qu'on était bien loin alors des transformations physique volontaire des acteurs. Tom Hanks est mince, mais on sent qu'il n'a pas excessivement maigri pour le rôle, et pourtant il a quand même l'air au bord de la tombe durant la dernière partie du film. Pas à cause une déchéance physique visible, mais parce qu'une fièvre semble le brûler de l'intérieur sans répit. Si l'on croit à l'agonie de son personnage, ce n'est que grâce à son jeux d'acteur, et c'est vraiment impressionnant.

mercredi 10 décembre 2014

J'ai rendez-vous avec toi : Mon père de l'intérieur

J'ai rencontré Lorraine à Groix, chez Lizette, au court d'un de ces apéritifs chaleureux dont l'île semble spécialiste. On me l'a présenté comme une écrivaine, qui vient souvent à Groix et dédicace ses romans à la Boutique de la mer de Pat et Mimi. Soyons honnêtes, j'ai acheté J'ai rendez-vous avec toi parce que j'avais son auteur en face de moi et que je la trouvais sympas, mais dans une librairie, ce n'est totalement pas le genre de livre sur lequel mon choix se serait porté. Parce que bon, la politique du XXe siècle et les relations père-fille ne sont pas vraiment les sujets littéraires vers lesquels mes goûts me portent.
Cela dit, je ne regrette pas.
Ce n'est pas une, mais trois histoires que ce roman nous raconte. Il y a celle de Christian Fouchet, pivot autour duquel s'articule le livre, militaire, ministre, ambassadeur qui rebondi d'Angleterre en Algérie et d'Inde en Pologne au gré des événements d'une Histoire mondiale agitée et des désidérata d'un De Gaulle exigeant. Il y a celle de sa fille lui racontant comme s'il pouvait l'entendre ce qu'elle a fait de sa vie depuis qu'il est mort à l'aube de son âge adulte. Et il y a celle de cette même fille découvrant ce qu'a fait son père dans sa vie, en dehors d'être son père.
C'est très bien écrit et passionnant. Même s'il ne s'agit pas de sujets qui trouvent en moi une résonance personnelle, j'ai été très touchée par la quête de Lorraine, celle qui la fera passer au cours du livre de "papa" à "mon père". Je pense qu'on a tous vécu ce moment si bien chanté par Reggiani où il faut "se quitter parents pour se retrouver amis", où l'on se met à aimer ses parents non pas à cause des liens du sang, comme une obligation, mais parce que ce sont des gens biens et qu'on est heureux de les connaître. Ce moment que nous vivons plus ou moins tous à la fin de notre adolescence, l'auteur n'a pas eu l'occasion de le concrétiser avec son père, décédé sans lui en laisser la possibilité. Lire son cheminement vers ce sentiment, quelques 40 ans plus tard, relaté on ne peux plus directement dans ces pages, donne un sentiment difficile à décrire de soulagement, d'attachement et de joie, et aussi ce petit pincement au coeur qui fait la marque des livres dont on se rappelle longtemps.

"Dans notre dialogue aujourd'hui, il y a du suspense, de l'émotion et des morts, le souffle de la grande Histoire. Il n'y a pas de cul, ça se vendra moins bien, forcément. Les parents et les enfants ne parlent pas de sexe ensemble, c'est tabou. Il n'y a pas de cul mais c'est tout de même une histoire d'amour. Et en plus, le personnage principal meurt à la fin. Un livre qui finit mal fait plus sérieux, surtout en période de crise."

mardi 9 décembre 2014

Comment j'ai failli atterrir à The Voice, et puis finalement non

Vous ne le savez peut-être pas, ou bien si, mais lorsque vous regardez les premiers épisodes de The Voice, les fameux "casting à l'aveugle", les candidats que vous découvrez ne sont pas des débutants qui ont répondu à une annonce de casting. Non, la plupart du temps ce sont des artistes que la production est allée chercher pour les amener là, il s'agit donc souvent de chanteurs qui ont déjà une petite notoriété, quelques CD autoproduits et une certaine habitude de la scène. Bien sûr sachant à quel point il s'agit d'un profil courant dans le domaine de la musique, on se doute bien que le cahier des charges des producteurs est un peu plus précis que ça. Comme dans tout casting, il ne suffit pas d'être bon dans son domaine pour être recruté. Imaginez que vous deviez constituer une boite de feutres avec un nombre limité de places dans votre boite, si vous avez deux beaux bleus, un foncé et un clair, vous ne pourrez pas prendre les deux si cela vous empêche de prendre un feutre vert par exemple. Donc c'est pareil si vous pratiquez le même style de musique qu'un autre artiste, vous pouvez être rejeté de façon un peu aléatoire (bon ça peut aussi être justifié, objectivement il peut aussi être meilleur que vous), tout comme vous pouvez être moins bon que d'autres, mais être sélectionné pour compléter le panel si vous êtes seul dans votre branche. C'est un de mes profs de BTS qui m'avait expliqué ce principe, m'apprenant qu'en Arts Appliqués on sélectionne les élèves de la même manière, la diversité étant considéré comme créatrice d'émulation.
Tout ça pour vous dire que ma prof de chant à été contactée pour, soit se rendre elle-même à The Voice en tant que candidate, soit envoyer une de ses élèves "passionnée de chant indien". Comme je suis sa plus ancienne élève et par conséquent la plus avancée, c'est à moi qu'elle a proposé de tenter le coup. 
Pour cela il me fallait envoyer au plus vite une vidéo (le jury juge à l'aveugle, pas la production) de moi en train de chanter. Heureusement j'ai de la chance d'avoir, dans un de mes groupes (dont je ne vous ai pas encore parlé... mystère), une vielliste de talent qui manie aussi la caméra et j'ai pu profiter de ses compétences (un matin tôt) pour me faire filmer interprétant Laage na mora jiya, une de mes chansons préférées et aussi une de celles sur laquelle je suis la plus assurée.

vidéo par Coraline Loiseau

Après quelques jours d'attente j'ai appris que je n'étais finalement pas retenue pour le casting. Les enregistrements de l'émission risquant d'interférer avec mes dates de voyage de noce, ce n'est pas si mal. Mais je dois avouer que, même en connaissant le principe de la boite de feutre, en sachant que j'étais en retard pour la présentation et en tenant compte du fait qu'on "me recontactera l'année prochaine", c'est toujours un peu décevant de n'être pas "choisie" quand on tente quelque chose. Si objectivement, devenir chanteuse de variété n'est pas mon but dans la vie, j'aurai bien aimé tenter l'expérience de la télé, j'imagine que c'est ce qu'on peut appeler l'attraction du quart d'heure de gloire Warholien.
Donc je ne sais pas s'il y aura un(e) candidat(e) qui jouera de la musique "exotique" cette année au casting de The Voice, mais si c'est le cas, dites vous que ça faillit être moi...

lundi 8 décembre 2014

La pause du Draw on Monday


Pas de draw on monday aujourd'hui, et pas non plus dans 15 jours, les 3 organisatrices du projet ont décidé de faire une pause en décembre et moi je n'ai pas la foi de trouver des sujets d'illustration par moi-même. Je vous donne donc rendez-vous début janvier (sans faute) pour reprendre les dessins du lundi.

mercredi 3 décembre 2014

Cher Mr Darcy

Vous le savez peut-être (ou pas) mais l'univers de Jane Austen, et plus particulièrement celui d'Orgeuil et préjugé fait parti de ceux dont il existe le plus de fanfiction. A tel point qu'on considère qu'il s'agit d'un genre à part entière et que nombreuses d'entre elles sont même éditée. Parmi celles-ci, la romance est bien sûr majoritairement présente, même si on a quand même quelques OVNI du genre de Orgeuil & préjugés & zombies.
Cher Mr Darcy s'inscrit dans la lignée de ce type de roman et son nom n'en fait pas mystère. Le concept choisi par l'auteur ici est de réécrire Orgueil et Préjugés sous forme épistolaire, on prend donc connaissance de l'histoire par le prisme des lettres que ses différents protagonistes écrivent et reçoivent. Plutôt adapté à l'époque où se déroule le récit durant laquelle ce moyen de communication était le seul possible à distance, le procédé est tout de même un peu casse-gueule dans le sens où il s'agit aussi d'une époque où l'on exprime ses sentiments bien moins facilement et ouvertement qu'aujourd'hui (si vous en doutez je vous invite à relire Orgueil et préjugés et à en juger par vous même). Du coup si j'ai apprécié toute la première partie du roman qui se déroule avant le début de l'histoire narrée par Jane Austen et raconte en détail ce qui n'est qu'évoqué dans le roman d'origine, j'ai par contre immédiatement décroché dés que Mr Darcy commence à évoquer Elisabeth Bennet dans ses lettres. Je n'ai juste pas réussi à reconnaître le personnage dans sa façon d'évoquer leurs rencontres. Après c'est aussi dut à l'idée que je m'en fais, mais Darcy moi je le vois plutôt cachotier sur ce genre de choses, même envers ses proches amis. Je comprends bien que ça soit compliqué de se passer de son point de vue à ce moment de l'histoire et que l'auteur ai voulu l'insérer (un peu) de force mais à mon sens ça sonne malheureusement artificiel et forcé. Bref c'est bien dommage mais c'est aussi le risque de ce genre d'exercice, les fan Austeniennes sont difficiles à contenter, moi autant que toute autre. Par contre j'aimerai saluer l'importance donnée au personnage de Mary la "soeur-morale" de la famille Bennet, injustement effacée de la plupart des adaptations, elle a ici un vrai rôle, involontairement comique et léger et que j'ai trouvé plutôt bien vu.

"J’ai recommandé cet ouvrage à Mr Shackleton. Quel réconfort de savoir qu’il existe à Meryton une personne dotée d’une réflexion, même si, lorsque je lui ai annoncé que je comptais devenir un bas-bleu, il m’a répondu qu’il était certain que je serais la fille la plus intelligente de Meryton, quelle que soit la couleur de mes bas."