jeudi 18 septembre 2014

American Horror Story : Asylum


Ça y est, après la saison 3 et la saison 1, je viens de boucler le visionnage de la totalité de la série American Horror Story avec la saison 2 : Asylum.
Bon soyons clair cette saison est sans doute celle que j'ai le moins aimé. Elle m'a paru boursouflée de partout pour tout dire. Comme dans les autres saisons, on y trouve une multitude de thèmes fantastiques et de sous intrigues unifiées par un lieu central, mais autant dans les deux autres j'avais trouvé le tout cohérent et intelligemment imbriqué autant cette fois-ci certaines intrigues et thèmes m'ont dérangée. Peut-être que le grand écart à faire entre des enlèvement extraterrestres, des possessions diaboliques, des tueurs en série et des expériences transformant des humains en dégénérés cannibales était un peu trop grand pour fonctionner. En tout cas la sauce n'a pas pris pour moi, trop de personnages auxquels s'intéresser, trop de "méchants", pas assez d'approfondissement. Finalement "l'enveloppe" de l'intrigue qu'est l'asile de Briacliff n'a pas été assez forte pour contenir tout ces thèmes, c'est d'ailleurs assez visible dans le fait que la saison se déroule beaucoup moins en "huit clos" que les autres, les décors sont plus nombreux que d'habitude et on passe beaucoup de temps en dehors de l'asile. Et même lorsque l'on reste à l'intérieur, celui-ci n'est pas filmé avec unité, non seulement l'ambiance qui s'en dégage change selon les époques où on y pénètre, mais également selon les pièces qui le composent, résultat, on n'a pas vraiment la sensation d'enfermement propre à un asile dont les résidents semblent pourtant souffrir.
Finalement c'est dans les derniers épisodes, lorsqu'une bonne partie des sous intrigues ont été évacuées car conclues, que la série m'a le plus accroché.
Dommage car encore une fois les acteurs sont bons, les personnages fouillés et l'ambiance bien mise en place. Mais non, pour moi il manque à Asylum la cohérence et la densité de ses soeurs, et c'est bien dommage. Dans tout les cas j'achève ici le cycle des American Horror Story, tant que la saison 4 ne sera pas sortie, et pour ça il me semble que j'ai encore le temps.

mercredi 17 septembre 2014

Gilles Servat, en documentaire et en vrai


Hier soir je suis allée aux 3 Arts pour une soirée spéciale Gilles Servat. Au programme, la projection d'un documentaire qui lui était consacré, une possible discussion autour du film et un petit concert acoustique du principal intéressé.
Mais avant tout, arrivant en avance et l'ayant réservé, j'ai commencé ma soirée en dégustant un kig ha farz, plat typique du Finistère que les 3 Arts est un des seuls restaurant de Paris à proposer à ma connaissance. Pour vous le décrire, il s'agit d'un genre de pot au feu de porc avec une semoule de blé noir en garniture. Ça peut paraitre bizarre expliqué comme ça mais c'est très bon. Ma tata Bernadette sait le cuisiner et j'avoue qu'après en avoir mangé hier pour la première fois depuis longtemps, je me dis que je lui demanderai bien sa recette afin d'ajouter cette corde à mon arc culinaire.
Ensuite place au documentaire Gilles Servat, libre propos d'un homme sensible. Réalisé par Simon Le Peutrec (si ça c'est pas un nom breton...) ce documentaire condense quatre ans d'entretiens avec le chanteur ainsi que des images de ses sorties publiques, que ce soit pour chanter, conter ou dédicacer ses livres. Parce que oui on connait tous Servat en tant que chanteur, mais il n'est pas que cela. C'est en effet un vrai boulimique des arts que l'on découvre au fil du film, formé aux beaux arts pour être sculpteur, transformé en chanteur par les groisillons (les habitants de l'île de Groix), il deviendra ensuite conteur et écrivain. Tout l'intéresse et rien ne semble l'arrêter, sincère dans ses opinions mais refusant de se laisser coller une étiquette, le personnage fascine autant qu'il semble détester qu'on le sacralise. J'aimais déjà la musique, mais je ressort du documentaire avec un immense respect et une grande affection pour la personne.
Une impression qui n'a pas été démentie par la suite de la soirée, le chanteur s'installant seul avec sa guitare, se prêtant au jeu de "je vous chante quoi ?", jouant la blanche hermine malgré le fait que, on s'en doute, il n'en peut plus de cette chanson ("un jour je ne l'ai pas chanté dans un concert, des personnes sont venue me le reprocher, me disant "mais on a payé nous", alors maintenant je la chante à chaque coup"), ajoutant une ou deux chansons de ses choix plus personnels, dédicaçant et se laissant prendre en photo avec tout ceux qui le demandent.
Chaleureux et généreux, la voix et la verve intacte à prêt de 70 ans, je ressort de cette soirée impressionnée par l'homme autant que par le chanteur, avec le coeur qui chante et l'envie de me plonger à nouveau dans ses chansons, celles que je ne connais pas encore par coeur.

mardi 16 septembre 2014

10 bandes dessinées de but en blanc

Sitôt dit, sitôt fait, après mes livres fétiches, voici mes BD préférées...

  1 - Vague (Anne Herbauts)
  2 - La famille Fennouillard (Christophe)
  3 - Fée et tendres automates - tomes 1 et 2 (Téhy / Béatrice Tillier)
  4 - Freaks' Squeele (Flaurent Maudoux)
  5 - Mangecoeur (Mathieu Gallié / Jean-Baptiste Andréae)
  6 - Maus (Art Spiegelman)
  7 - Trèfle (CLAMP)
  8 - Paradise Kiss (Ai Yazawa)
  9 - Les compagnons du Crépuscule (François Bourgeon)
10 - Elfquest (Wendy & Richard Pini)

Finalement, cette sélection-là était peut être encore plus difficile à faire que la précédente car beaucoup de BD ont une importance particulière pour moi et nombreuses sont celles que j'ai lu, relu et rerelu. J'ai donc essayé de doser correctement les différents univers dans lesquels j'ai mes préférences, mais clairement beaucoup d'autres titres auraient ici leur place.

lundi 15 septembre 2014

True detective


Il faut croire que je suis abonnée aux séries qui prennent place en Louisiane en ce moment puisque c'est à nouveau dans cet État que se déroule True detective, la courte série (8 épisodes) dont je viens de terminer le visionnage.
Amateurs de série de bonne qualité, je vous la conseille fortement, allergiques aux ambiances glauques, je vous la déconseille fortement. Clairement j'ai beaucoup aimé, mais l'ambiance et le sujet sont plutôt pesant puisqu'on y suit deux détectives de la criminelle à la poursuite du responsable d'un meurtre rituel qui semble bien n'être que la partie immergée d'un iceberg nauséabond.
C'est par le biais d'interrogatoires dont ils font l'objet en 2012 que l'on découvre le meurtre ainsi que l'enquête qui ont eu lieu 17 ans auparavant. Le média vidéo est exploité avec intérêt pour montrer le décalage qui existe entre le récit que nos héros font aux inspecteurs qui les interrogent et ce qui s'est réellement passé et qui est montré au spectateur. Si cette astuce n'est pas à proprement parler nouvelle, elle reste assez peu souvent utilisée et elle fait toujours son petit effet.
Un des aspects que j'ai apprécié dans le déroulement de la série c'est son rythme et la façon très particulière qu'elle a d'avancer dans le récit. Je m'explique. Dans les médias de fiction, il y a pour moi 3 types de "personnalité" : ceux qui font en sorte que le spectateur aille plus vite qu'eux et devine ce qu'il va advenir, ceux qui tentent de tromper le spectateur sur la longueur afin de pouvoir brandir un retournement de situation de dernière minute qui remet tout en perspective et enfin ceux qui avancent au même rythme que le cerveau de ceux qui les regardent. C'est à cette dernière catégorie, qui se fait pourtant rare dés que l'on aborde un récit policier, qu'appartient True Detective.
True detective est aussi sans doute la série la plus proche d'un film qu'il m'ait été donné de voir en terme de technique. La photographie, les décors, les costumes, tout les détails transpirent d'une précision que l'on ne voit généralement qu'au cinéma. Mais est-ce vraiment étonnant lorsque l'on sait que les acteurs ainsi que le réalisateur (Cary Fukunaga qui avait réalisé le Jane Eyre de 2011) viennent du grand écran.
D'ailleurs le jeu des acteurs est sans doute ce qui m'a le plus impressionné dans cette série. Si je connaissais déjà bien Woody Harrelson grâce à des films comme Insaisissables et Bienvenue à Zombieland, je n'avais par contre vu quasiment aucun film de Matthew McConaughey. Je n'attendais donc rien de particulier de ce côté là et j'ai été complètement bluffée. Plus qu'un acteur j'ai eu l'impression de voir un caméléon (oui oui comme Jarod). Le personnage qu'il joue change pas mal sur la période que couvre la série : en 1995 on a l'impression de voir un flic un peu "jeune premier", un peu "bleu" (même si cette apparence est démentie lorsqu'on en apprend plus sur lui) et en 2012 il ressemble à un homme au bout du rouleau, ravagé par ses addictions (même si là aussi ce n'est pas tout à fait vrai). La différence entre les deux personnalités (plus une troisième que je ne vous révélerais pas parce que ce serai du spoil) est tellement importante, tellement évidente, tout en conservant l'essence du personnage, qu'à la fin du premier épisode Amaël m'a demandé quel âge avait l'acteur (Matthew McConnaghey est âgé de 44 ans messieurs dames) pour réussir à être aussi crédible quand il semble en avoir 25 que quand il semble en avoir 45. Soyons clair, le personnage de Rust Cohle qui lui a été donné à jouer est carrément fascinant, ça aide, mais l'équilibre qui arrive à se créer avec Martin Hart, le personnage joué par Woody Harrelson, sans que ce dernier n'en soit écrasé est un vrai tour de force qui doit sans doute autant au brio des deux acteurs qu'à la qualité de l'écriture.

vendredi 12 septembre 2014

10 livres de but en blanc


Parmi les chaînes qui circulent sur Facebook, il en est des redoutablement kitch et egocentrées (mais n'est-ce pas l'apanage des réseaux sociaux après tout) et des plus culturelles et ouvertes. C'était notamment le cas de celle dont je vous avais parlé sur les artistes marquants. Depuis j'en ai vu passer une consacrée à la musique qui m'a permis de découvrir pas mal de beaux morceaux, et en ce moment il en circule une nouvelle sur la littérature pour laquelle il faut lister ses 10 livres fétiches. J'ai été taggée par ma copine Anne dans cette dernière et j'ai eu envie de faire comme Dame Léo et d'utiliser le blog pour donner ma liste que voici :

  1 - Le coeur cousu (Carole Martinez)
  2 - La solitude est un cercueil de verre (Ray Bradbury)
  3 - Virus L.I.V. 3 ou la mort des livres (Christian Grenier)
  4 - L'histoire du prince Pipo (Pierre Gripari)
  5 - Un chant de Noel (Charles Dickens)
  6 - La sève et le givre (Léa Silhol)
  7 - Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part (Anna Gavalda)
  8 - On achève bien les chevaux (Horace Mc Coy)
  9  - La Tour sombre (Stephen King)
10 - Si c'est un homme (Primo Levi)

Il est difficile de se limiter à 10 livres et j'ai mis beaucoup de temps à choisir quel livre prendrait la très convoitée dixième place. La tour sombre est une série en 7 volumes (je n'ai pas lu La clef des vents qui est le 8eme) donc c'est un peu de la triche, mais c'est par contre le seul que je n'ai pas encore lu au moins deux fois. J'ai choisi de ne pas inclure de BD dans ma liste car il aurait été trop difficile de se limiter à 10 en combinant les deux, j'en ferai peut être une autre à part du coup.
Je ne vous ai pour l'instant parlé que de deux de ces dix livres. À la réflexion je pense donc prendre le temps de relire les huit autres et d'écrire un article sur chacun dans un avenir proche, histoire de vous convaincre de vous y intéresser.

jeudi 11 septembre 2014

Mon mariage : La boite


J'ai une belle-soeur franchement douée de ses mains, dans un domaine tout à fait différent du mien, c'est à dire avec des bases de matériaux solides type carton. Amaël et moi nous lui avons donc naturellement demandé si elle voudrait bien s'occuper de notre "boite-cagnotte". En effet, habitant ensemble depuis 4 ans passé, nous préférions utiliser les cadeaux du mariage pour nous faire un beau voyage de noce plutôt que de préparer une liste de mariage pleine d'objets qui ne nous seraient pas utiles et que n'aurions pas la place de stocker. À la demande de savoir s'il fallait une boite éphémère ou une qui se garde, nous avons répondu sans hésiter qu'une que nous pourrions conserver serait parfaite, ainsi nous pourrions y conserver toutes les cartes reçues, les souvenirs du mariage, ainsi que l'album photo que je finirai bien par faire.
Tout au long des mois qui ont précédé le jour J, nous avons répondu à des tas de questions posées au compte-goutte sur ce que nous pensions l'un de l'autre, comment nous voyions notre couple, les danses que nous dansions et bien d'autres...

 Parmi la tonne de petit détails, il y a des petits chevalier pour la reconstitution médiévale,

et notre destination de voyage de noce inscrite en perle sur la poignée.

Et le résultat de toute nos réponses est une très belle malle de voyage ancienne personnalisée. Nous avons bien failli pleurer en la découvrant et en lisant le petit carnet qui l'accompagne et qui explique chacun des choix, chacune des symboliques qui y figurent. Le travail est superbe et correspond avec une précision incroyable à l'idée que nous nous faisons du mariage : une réunion de chacun de nos univers pour un beau voyage autour de la vie.

vendredi 5 septembre 2014

Les Grandes eaux nocturnes au Château de Versailles

Après la sérénade, place à la visite nocturne des jardins, avec éclairages et musique. Je m'étais déjà rendue aux grandes eaux musicales nocturnes il y a quelque années et j'avoue que, si le souvenir en était suffisamment bon pour que j'ai envie d'y retourner, j'avais quand même peur de retrouver les mêmes choses et de m'ennuyer un peu. Ce ne fut en fait pas du tout le cas.
Si les bosquets sont toujours les mêmes, ce n'est pas le genre de chose que l'on modifie, étant dans un lieu historique, la façon dont ils ont été mis en valeurs et en lumière pour l'occasion était très différente de mes souvenirs.
Éclairages aux laser, brume sortant des fontaines (sans doute grâce à de l'azote liquide), pyrotechnie, fontaines séquencées sur la musique, lumière acides et timides, le tout s’harmonisant parfaitement avec les œuvres de l'artiste Lee Ufan disposées un peu partout dans les jardins, l'édition des grandes eaux de 2014 s'est avérée résolument contemporaine et excitante. Elle ne plaira sans doute pas à tout le monde mais moi j'ai beaucoup aimé, et je n'ai étonnamment pas ressenti de décalage entre l'audace des effets et l'historicité du lieu. Serte on y voit deux univers qui s'entrechoquent, mais je n'ai pas eu l'impression que ça nuisait à l'un ou à l'autre mais plutôt qu'ils se répondaient par leur mystères et leurs ambiances.
J'en ai pris plein les yeux et je suis allée de surprise en surprise, avec pour seul regret le feux d'artifice, sympathique mais dont le classicisme tombe un peu à plat après l'audace présentée dans les bosquet.

C'est souvent du cœur même des fontaines que jaillissent les lumières,

complémentaires et acides pour la grotte des bains d’Apollon,

 mais discrètes et douces dans certaines allées.

Certaines fontaines changent de couleurs...

...et de motifs en fonction de la musique qui les accompagne.


Les arbres sont taillés avec une exigeance qui sierait à la reine de cœur.


Et les bassins se font brumeux et flous dans la nuit noire.


L'orangerie ouverte et vide fini en majesté l'onirique visite des jardins.